Aide carburant « grands rouleurs » et leasing social : enfin des aides pour les IDEL face à la flambée des prix du carburant ?

Aide carburant « grands rouleurs » et leasing social : enfin des aides pour les IDEL face à la flambée des prix du carburant ?

Pour les IDEL, chaque hausse du carburant a des conséquences immédiates : des tournées plus coûteuses, des charges qui augmentent et un exercice libéral plus difficile à maintenir dans la durée. Face à cette réalité, le gouvernement tente d’apporter plusieurs réponses.

Le vendredi 10 avril, Sébastien Lecornu a annoncé une nouvelle vague de leasing social pour 100 000 véhicules électriques. Parmi eux, 50 000 seront réservés en priorité aux gros rouleurs, c’est-à-dire aux professionnels parcourant plus de 12 000 kilomètres par an. Les infirmières libérales, les aides-soignantes ou encore les artisans font partie des professions directement concernées par cette annonce.

En parallèle, une indemnité carburant de 100 € est également prévue pour certains actifs utilisant leur véhicule personnel à des fins professionnelles. Mais cette aide, destinée aux “grands rouleurs”, reste soumise à des conditions strictes de revenus. Dans les faits, de nombreuses IDEL pourraient donc ne pas y être éligibles. ⛽

Les IDEL subissent de plein fouet la hausse du carburant

La voiture est un outil de travail indispensable pour une infirmière libérale. Toute sa journée s’organise autour des déplacements : tôt le matin, entre deux soins, en soirée, parfois la nuit. En ville, les embouteillages rallongent les trajets ; à la campagne, ce sont les distances qui alourdissent les tournées. Dans tous les cas, les kilomètres s’enchaînent.

C’est pourquoi la question des frais de déplacement revient régulièrement dans les revendications de la profession. Depuis plusieurs années, le syndicat infirmier libéraux FNI et le Syndicat national des infirmières dénoncent un écart grandissant entre le coût réel des tournées et les compensations prévues. Pour eux, les IDEL ne peuvent plus absorber seules la hausse des charges sans impact sur leurs revenus ni sur l’attractivité du métier.

Quand les prix à la pompe augmentent, l’effet est immédiat. Plus les tournées sont longues, plus le budget mensuel grimpe. Or ces déplacements restent essentiels au fonctionnement du système de santé, notamment avec le développement des prises en charge à domicile.

Le leasing social : une annonce politique qui vise les gros rouleurs

Le gouvernement a annoncé une nouvelle vague de leasing social pour 100 000 véhicules électriques, dont 50 000 véhicules réservés en priorité aux gros rouleurs.

Sont notamment visés les professionnels qui parcourent plus de 12 000 kilomètres par an, une catégorie dans laquelle peuvent entrer de nombreuses IDEL. Les infirmières libérales enchaînent en effet les trajets entre les domiciles des patients, les cabinets, les pharmacies, les laboratoires ou encore les établissements de santé.

Le dispositif doit être mis en place à partir du mois de juin 2026. Il prévoit des mensualités comprises entre 100 et 200 €, avec option d’achat.

Sur le papier, la formule paraît attractive. Elle peut permettre à certains infirmiers libéraux d’accéder à un véhicule électrique plus facilement, sans mobiliser une somme importante dès le départ.

‼️ Le signal est important : les pouvoirs publics reconnaissent que certaines professions, dont les IDEL, sont particulièrement exposées à la hausse des prix des carburants.

En revanche, cette réponse ne solde pas toutes les difficultés.

💡 Le leasing social est une aide financière permettant de louer un véhicule électrique à tarif réduit, sous conditions.

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Voiture électrique : une opportunité pour certaines IDEL, pas une réponse universelle

Le leasing social peut représenter une opportunité réelle pour certaines professionnelles. Une IDEL qui dispose d’une borne à domicile, qui exerce sur un secteur relativement concentré et qui parcourt plus de 12 000 kilomètres par an peut y voir un intérêt immédiat. Dans ce cas, la voiture électrique réduit souvent le coût d’usage, sécurise davantage le budget transport et limite l’effet des hausses brutales du gazole.

Cependant, toutes les situations ne se ressemblent pas. Une infirmière libérale en zone rurale, qui enchaîne les tournées étendues, les urgences imprévues et les horaires morcelés, doit regarder plus loin que la mensualité affichée. Elle doit évaluer :

  • l’autonomie réelle du véhicule ;
  • les temps de recharge ;
  • l’accès aux bornes sur son secteur ;
  • la possibilité de recharger à domicile ;
  • la compatibilité avec ses horaires de tournée ;
  • le coût global du véhicule, assurance comprise.

Autrement dit, cette annonce ouvre une porte, mais elle ne règle pas tout. Elle aide certaines IDEL à envisager une transition. En revanche, elle ne compense pas automatiquement la tension que subissent les cabinets face à la hausse générale des charges.

L’indemnité carburant de 100 € pour certains “grands rouleurs”

En plus du leasing social, une indemnité carburant de 100 € est mise en place pour limiter les effets de la hausse du prix des carburants.

Cette aide vise les actifs qui utilisent leur véhicule personnel à des fins professionnelles, notamment pour se rendre sur leur lieu de travail ou dans le cadre de leur activité. Elle peut donc concerner, en théorie, certains professionnels libéraux.

Selon Service Public, près de 3 millions de Français pourraient bénéficier de cette indemnité. Son montant est fixé à 100 €, ce qui représente environ 20 centimes d’euro par litre pour une consommation moyenne de carburant sur 6 mois.

À l’origine, le montant prévu était de 50 €. Le gouvernement a annoncé son doublement, portant l’aide à 100 €.

Les IDEL peuvent-elles bénéficier de l’indemnité carburant ?

Sur le principe, les IDEL peuvent entrer dans le champ de l’indemnité carburant si elles utilisent leur véhicule personnel à des fins professionnelles.

Pour en bénéficier, il faut notamment :

  • vivre en France ;
  • avoir été domicilié fiscalement en France au titre de l’année 2024 ;
  • être né avant le 1er janvier 2009 ;
  • utiliser un véhicule personnel à des fins professionnelles ;
  • être considéré comme un “grand rouleur”.

Pour être considéré comme “grand rouleur”, il faut remplir au moins l’une des deux conditions suivantes :

  • parcourir une distance d’au moins 15 km par trajet domicile-lieu de travail, soit 30 km aller-retour ;
  • ou parcourir au moins 8 000 km par an dans le cadre de son activité professionnelle, trajets domicile-travail inclus.

Sur ce point, beaucoup d’infirmières libérales peuvent effectivement répondre aux critères. Les kilomètres effectués dans le cadre des tournées sont souvent importants, en particulier en zone rurale ou périurbaine.

Mais l’éligibilité ne dépend pas seulement du nombre de kilomètres parcourus.

Un plafond de revenus qui risque d’exclure de nombreuses IDEL

C’est le principal point de vigilance : l’indemnité carburant de 100 € est soumise à des conditions de ressources.

Pour pouvoir la percevoir, le foyer fiscal doit avoir un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 16 880 € au titre des revenus 2024.

Ce revenu fiscal de référence figure sur la première page de l’avis d’impôt sur les revenus 2024 établi en 2025. Il est consultable dans l’espace particulier sur impots.gouv.fr ou via l’application mobile impots.gouv.

Les revenus déclarés doivent appartenir à l’une des catégories suivantes :

  • traitements, salaires et revenus assimilés, hors chômage et préretraite ;
  • bénéfices industriels et commerciaux ;
  • bénéfices non commerciaux ;
  • bénéfices agricoles.

Les IDEL déclarent généralement leurs revenus dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, ce qui peut les faire entrer dans le champ du dispositif.

En revanche, dans les faits, beaucoup d’infirmières libérales risquent de ne pas être éligibles en raison du plafond de revenu fiscal de référence. L’aide s’adresse donc plutôt aux actifs aux revenus modestes, même s’ils roulent beaucoup.

Il ne faut donc pas raisonner uniquement en fonction du nombre de kilomètres parcourus, mais bien vérifier le revenu fiscal de référence du foyer, en tenant compte du nombre de parts fiscales.

À noter également : les personnes redevables de l’impôt sur la fortune immobilière au titre de l’année 2024 ne sont pas éligibles à cette indemnité carburant.

Quelles conditions pour le véhicule utilisé ?

Le véhicule utilisé doit également respecter plusieurs conditions.

Pour ouvrir droit à l’indemnité carburant, il doit :

  • être un véhicule terrestre à moteur à deux, trois ou quatre roues ;
  • être à motorisation thermique ou hybride non rechargeable ;
  • être régulièrement assuré à la date de la demande ;
  • ne pas être considéré comme un véhicule endommagé au sens du code de la route.

Certains véhicules sont exclus du dispositif, notamment :

  • les véhicules électriques ;
  • les véhicules à hydrogène ;
  • les véhicules agricoles ;
  • les poids lourds ;
  • les véhicules de fonction ou de service ;
  • les quadricycles lourds à moteur.

Autrement dit, cette indemnité carburant concerne les véhicules thermiques ou hybrides non rechargeables. Elle ne s’applique pas aux IDEL qui roulent déjà en véhicule électrique.

Comment demander l’indemnité carburant ?

La demande doit être effectuée en ligne, via un formulaire disponible sur le site impots.gouv.fr.

Le formulaire doit être ouvert à compter du 27 mai, pour une durée de 2 mois.

Pour faire la demande, il faut renseigner :

  • son état civil ;
  • son numéro fiscal ;
  • le numéro d’immatriculation du véhicule utilisé ;
  • le numéro de carte grise.

Il faut également certifier remplir les conditions d’utilisation du véhicule, notamment celles liées aux distances parcourues.

Si toutes les conditions sont réunies, l’aide est versée directement sur le compte bancaire communiqué à l’administration fiscale dans le cadre de la déclaration annuelle de revenus. Le versement doit intervenir dans un délai d’environ 10 jours après la demande.

Attention : une seule indemnité carburant peut être accordée par personne, et une même voiture ne peut ouvrir droit qu’à une seule aide.

Leasing social ou indemnité carburant : deux réponses très différentes

Le leasing social et l’indemnité carburant répondent à deux logiques différentes.

Le leasing social vise à faciliter l’accès à un véhicule électrique. Il s’inscrit dans une logique de transition : réduire la dépendance au carburant et permettre à certains gros rouleurs de passer à l’électrique avec des mensualités réduites.

L’indemnité carburant de 100 €, elle, est une aide ponctuelle. Elle vise à compenser une partie de la hausse du carburant pour les actifs qui utilisent leur véhicule personnel à des fins professionnelles. Mais elle reste fortement encadrée par les conditions de revenus.

Pour une IDEL, le bon dispositif dépend donc de sa situation :

  • si elle roule beaucoup et envisage de changer de véhicule, le leasing social peut être une piste à étudier ;
  • si elle utilise un véhicule thermique ou hybride non rechargeable et respecte les plafonds de revenus, elle peut vérifier son éligibilité à l’indemnité carburant ;
  • si elle exerce en zone rurale ou sur un secteur très étendu, elle doit évaluer précisément la compatibilité d’un véhicule électrique avec ses tournées.

Dans tous les cas, ces dispositifs ne répondent que partiellement à la question centrale : le coût réel des déplacements professionnels des IDEL.

Au-delà du véhicule, la question des déplacements reste entière

Sur le terrain, les IDEL ne demandent pas seulement une aide pour changer de voiture. Elles attendent aussi une meilleure reconnaissance du coût réel de leurs tournées. Depuis longtemps, les syndicats réclament une revalorisation des dispositifs existants : indemnité forfaitaire de déplacement, indemnité kilométrique, meilleure valorisation des longues distances et des soins à domicile.

Même avec un véhicule électrique, une infirmière libérale continue à faire face à de nombreuses contraintes : entretien du véhicule, temps de trajet, stationnement, organisation complexe des tournées. Le passage à l’électrique peut réduire certains frais, mais il ne règle pas à lui seul la question centrale : comment rémunérer justement les déplacements indispensables à la prise en charge des patients ?

Pour soutenir durablement la profession, l’aide à l’équipement ne suffit pas. Il faut aussi garantir des conditions d’exercice économiquement viables.

Les syndicats attendent des réponses plus larges

Les syndicats rappellent que le problème ne se limite pas au choix d’un véhicule. Le sujet touche aussi à la rémunération des IDEL, à la reconnaissance de leurs contraintes de terrain et à la cohérence des politiques publiques avec le virage domiciliaire.

Ils attendent donc des mesures plus immédiates, en particulier sur le coût des déplacements professionnels. Ils remettent notamment sur la table la question d’une exonération des taxes sur les carburants, déjà accordée à d’autres professions. Ce type de levier répondrait plus directement aux réalités du terrain que des dispositifs alternatifs comme le leasing social. Reste à savoir quelle orientation le gouvernement choisira de privilégier.

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La mobilité des IDEL est indispensable au système de santé

Il faut le rappeler : sans la mobilité quotidienne des infirmières libérales, une partie du système de santé ne tiendrait pas. Les soins à domicile permettent d’éviter certaines hospitalisations, de faciliter les retours à la maison et de maintenir un suivi de proximité. Levirage domiciliaire repose donc, très concrètement, sur des professionnelles qui passent une grande partie de leur journée sur la route. Dans ce contexte, les frais de déplacement ne sont pas un sujet secondaire. Ils conditionnent directement la capacité des IDEL à poursuivre leur activité dans de bonnes conditions.

FAQ – Aides carburant pour les infirmières libérales

Comment obtenir une aide carburant quand on est IDEL ?

Il n’existe pas de prime carburant spécifiquement réservée aux infirmières libérales.

En revanche, une indemnité carburant de 100 € peut être accessible à certains actifs, dont les IDEL, sous conditions.

Pour en bénéficier, il faut notamment :

  • ➡️ utiliser un véhicule personnel à des fins professionnelles ;
  • ➡️ être considéré comme “grand rouleur” ;
  • ➡️ respecter les conditions de revenus ;
  • ➡️ faire la demande sur impots.gouv.fr pendant la période d’ouverture du formulaire.

Attention : de nombreuses IDEL peuvent parcourir suffisamment de kilomètres pour être considérées comme “grands rouleurs”, mais ne pas être éligibles en raison du plafond de revenu fiscal de référence.

Quelle est l’aide au carburant pour 2026 pour les IDEL ?

En 2026, deux dispositifs peuvent concerner les IDEL, mais aucun n’est exclusivement réservé à la profession.

Le premier est le leasing social pour les véhicules électriques, avec une priorité annoncée pour les gros rouleurs, dont les infirmières libérales peuvent faire partie lorsqu’elles parcourent plus de 12 000 km par an.

Le second est l’indemnité carburant de 100 €, destinée aux actifs utilisant leur véhicule personnel à des fins professionnelles et répondant aux critères de ressources.

Le leasing social vise à encourager le passage à l’électrique. L’indemnité carburant, elle, compense ponctuellement une partie du coût du carburant.

Les IDEL sont-elles éligibles à l’aide carburant de 100 € ?

Oui, une IDEL peut être éligible à l’aide carburant de 100 €, mais uniquement si elle remplit toutes les conditions.

Elle doit notamment :

  • ✅ utiliser un véhicule personnel thermique ou hybride non rechargeable ;
  • ✅ être considérée comme “grand rouleur” ;
  • ✅ avoir un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 16 880 € ;
  • ✅ ne pas être redevable de l’impôt sur la fortune immobilière ;
  • ✅ faire sa demande sur impots.gouv.fr.

Dans les faits, le plafond de revenus risque d’exclure une partie importante des infirmières libérales.

Qu’est-ce qu’un “grand rouleur” pour l’aide carburant ?

Pour l’indemnité carburant, un actif est considéré comme “grand rouleur” s’il remplit au moins l’une de ces conditions :

  • parcourir au moins 15 km par trajet entre le domicile et le lieu de travail, soit 30 km aller-retour ;
  • ou parcourir au moins 8 000 km par an dans le cadre de son activité professionnelle, trajets domicile-travail inclus.

Les IDEL qui effectuent des tournées longues ou régulières peuvent donc correspondre à cette définition.

Quelle est la différence entre “gros rouleur” et “grand rouleur” ?

Les deux expressions sont proches, mais elles ne renvoient pas exactement aux mêmes dispositifs.

Dans le cadre du leasing social, le gouvernement parle de “gros rouleurs” pour désigner notamment les professionnels parcourant plus de 12 000 km par an.

Dans le cadre de l’indemnité carburant, la notion de “grand rouleur” correspond à des critères différents : au moins 15 km par trajet domicile-travail ou 8 000 km par an dans le cadre professionnel.

Il faut donc bien vérifier les conditions propres à chaque aide.

Le leasing social est-il intéressant pour une IDEL ?

Le leasing social peut être intéressant pour une IDEL qui roule beaucoup, dispose d’une solution de recharge fiable et exerce sur un secteur compatible avec l’autonomie d’un véhicule électrique.

En revanche, il doit être étudié avec prudence pour les professionnelles en zone rurale ou sur des tournées très étendues. Avant de s’engager, il faut comparer la mensualité, l’autonomie réelle, les temps de recharge, l’assurance, l’entretien et l’organisation quotidienne des soins.

3 Commentaires
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Juju
1 mois

Quelle honte 16800e par an pour les libérales c’est à dire personne,une vraie honte encore une fois

Dumonceau
3 mois

Dans cette période difficile nous en arrivons à refuser la prise en charge de patients car des kilomètres à effectuer plusieurs fois par jour et comme nos frais n’ont pas eu de revalorisation depuis plusieurs années…… il est vrai que 10€ de déplacement pour les médecins et nous 2,75€ nous ne roulons certainement pas avec les mêmes carburants…..!!

Charini
3 mois

Notre quotidien professionnel est devenu un enfer entre les charges qui nous asphyxient, les kilomètres et le carburant ! C’est une honte, car nos patients ont réellement besoin de nous tous les jours !