
Le salaire infirmier fait régulièrement débat, tant il semble en décalage avec la réalité du métier. Horaires décalés, nuits, week-ends, responsabilité vitale, charge émotionnelle… et pourtant, beaucoup d’infirmières peinent encore à comprendre comment est réellement calculé leur revenu, et pourquoi il varie autant d’une situation à l’autre. Entre salaire de base, primes, indemnités, ancienneté, secteur public ou privé, exercice à l’hôpital ou en libéral, le montant qui s’affiche sur votre fiche de paie n’est que la partie émergée de l’iceberg. 🔎 Alors, combien gagne vraiment une infirmière en France aujourd’hui ? 👉 Dans cet article, on décortique le salaire infirmier poste par poste, grade par grade, échelon par échelon. On compare les modes d’exercice, on distingue le brut du net, et on vous donne une vision claire et à jour de ce que vaut concrètement votre travail en 2026.
Quel est le nouveau salaire d’un infirmier en 2026 ?
Suite à la réforme infirmière 2025, les infirmiers hospitaliers ont bénéficié de quelques ajustements ciblés, mais aucune revalorisation massive de leur traitement indiciaire. Le point d’indice de la fonction publique est resté gelé, malgré l’inflation. Le « nouveau » salaire infirmier ne vient donc pas d’une hausse du salaire de base, mais surtout de la partie indemnitaire, qui a été renforcée.
Concrètement, trois leviers ont été activés :
- D’abord, le maintien de la prime Ségur à hauteur de 183 € nets mensuels, instaurée en 2021 pour valoriser les soignants du public.
- Ensuite, une hausse de la prime de dimanche et jours fériés, qui passe à 60 € brut par dimanche ou jour férié travaillé, contre 50,26 € auparavant.
- Enfin, une majoration de 25 % pour les heures de nuit, consolidée par le décret de février 2024.
Ces revalorisations ne s’appliquent pas uniformément à tous les professionnels. Elles concernent principalement les soignants du secteur public exerçant à l’hôpital, et dépendent fortement de l’ancienneté ainsi que du nombre de nuits et de dimanches travaillés. Pour une infirmière débutante qui assure 10 à 12 nuits par mois, le salaire brut peut ainsi grimper de plus de 200 €. Pour une infirmière en fin de carrière dans les mêmes conditions, la hausse peut atteindre 500 €. L’enjeu de ces mesures est double : rendre le métier plus attractif aux yeux des jeunes, sachant que 21 % des élèves infirmiers abandonnent leurs études avant l’obtention du diplôme d’infirmier, et fidéliser le personnel dans les hôpitaux publics.
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Quel est le salaire moyen d’une infirmière en 2026 ?
Impossible de résumer le salaire infirmier à un seul chiffre, car tout dépend du statut, du grade, du secteur et du mode d’exercice. On peut toutefois poser des repères solides. Selon la DREES, le salaire net moyen d’une infirmière, tous secteurs confondus et en équivalent temps plein, tourne autour de 2 800 € par mois. Dans la seule fonction publique hospitalière, ce montant moyen s’établit à environ 2 531 € nets, tandis qu’une infirmière débutante démarre bien plus bas et qu’une IDEL bien installée dépasse largement ces valeurs.
Autrement dit, la rémunération réelle se lit toujours à travers trois variables : le secteur (public, privé, libéral), les années d’expérience, et les primes attachées aux conditions de travail. C’est cette combinaison qui explique pourquoi deux infirmières diplômées la même année peuvent avoir des fiches de paie très différentes.
Salaire brut et net infirmière : comment lire sa fiche de paie ?
C’est probablement la plus grande source de confusion. Le salaire brut correspond au montant théorique avant prélèvements ; le salaire net est ce qu’il reste une fois retirées les cotisations sociales, la CSG-CRDS et les charges.
💡 Salaire NET = salaire BRUT – ensemble des cotisations, charges fiscales et sociales.
Il n’existe pas de coefficient magique universel : le passage du brut au net dépend du statut et des primes. En pratique, dans la fonction publique hospitalière, comptez une retenue d’environ 18 à 22 %. Un salaire de base brut de 1 944 € en début de carrière correspond ainsi à un net d’un peu plus de 1 550 € hors primes, d’où l’importance des indemnités, qui pèsent lourd sur le montant final versé chaque mois.
Quel type d’infirmière gagne le plus ?
En réalité, il n’existe pas une infirmière systématiquement mieux payée que les autres : le revenu dépend avant tout du mode d’exercice et du niveau de spécialisation.
Sur le papier, une infirmière libérale peut figurer parmi les mieux rémunérées. Plus l’activité est intense : tournées remplies, bonne organisation, peu de jours off… plus le revenu grimpe et peut dépasser largement celui d’une infirmière salariée. Mais cela implique des charges élevées, une forte charge de travail, des revenus irréguliers, et aucun jour payé lorsqu’elle ne travaille pas.
À l’hôpital ou en clinique, le salaire est plus encadré par les grilles, mais il gagne en stabilité et en prévisibilité. Les infirmiers spécialisés, en particulier les infirmiers anesthésistes (IADE), comptent parmi les mieux payés des salariés : salaire de base plus élevé, gardes et astreintes qui majorent la rémunération, tout en conservant la sécurité du statut.
🔎 En pratique, le « mieux payé » en brut potentiel est souvent l’IDEL très active ou l’infirmier spécialisé. Le mieux payé en revenu stable et prévisible reste l’infirmier salarié, surtout s’il est spécialisé ou en pratique avancée. Le vrai arbitrage n’est donc pas seulement une question de montant, mais d’équilibre entre rémunération, sécurité et rythme de vie.

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Quel est le salaire d’une infirmière dans la fonction publique hospitalière ?
Selon une étude de la DREES, une infirmière de la fonction publique hospitalière gagne en moyenne 2 531 € nets mensuels. Mais ce salaire varie selon trois paramètres : le grade (les infirmières en soins généraux relèvent des grades 1 et 2, les infirmières spécialisées des grades 2 et 3), l’échelon (c’est-à-dire l’ancienneté) et les primes, qui viennent compléter la rémunération de base.
Depuis le Ségur de la santé, les infirmiers diplômés d’État ont d’ailleurs été reclassés en catégorie A, ce qui a restructuré leur déroulement de carrière (on y revient plus bas). Une infirmière en soins généraux gagne en moyenne 1 948 € nets mensuels hors primes en début de parcours, mais ce montant dépend étroitement de son grade et de son échelon.
Échelon et grade infirmier : comprendre la progression
Le grade correspond au niveau de responsabilité et de qualification, tandis que l’échelon traduit l’ancienneté acquise au fil des années. On avance d’échelon presque automatiquement, selon des conditions d’ancienneté définies par décret, et l’on change de grade en remplissant certaines conditions.
➡️ Pour passer du grade 1 au grade 2, une infirmière en soins généraux doit ainsi justifier d’au moins dix ans de services effectifs dans un corps paramédical de catégorie A et d’au moins un an d’ancienneté dans le 6ᵉ échelon de son grade. C’est le décret n° 2021-1256 du 29 septembre 2021 qui a revalorisé ce déroulement de carrière : « Peuvent être promus au deuxième grade […] les agents du premier grade comptant au moins un an d’ancienneté dans le 6ᵉ échelon de leur grade et ayant accompli dix ans de services effectifs dans un corps ou un cadre d’emplois à caractère paramédical classé dans la catégorie A. »
➡️ Les infirmières spécialisées relèvent dugrade 3. Cela concerne :
- les infirmières ou infirmiers de bloc opératoire (IBODE) ;
- les infirmières puéricultrices (IPDE) ;
- les infirmières anesthésistes (IADE) ;
- les infirmières en pratique avancée (IPA).
Grille indiciaire de la fonction publique hospitalière 2026
En 2026, la grille indiciaire IDE structure la rémunération selon le grade et l’échelon. Voici la grille de salaire brut mensuel d’une infirmière dans le secteur public :
| Échelon | Soins généraux : grade 1 | Soins généraux : grade 2 | Spécialisé : grade 3 |
|---|---|---|---|
| Échelon provisoire 1 | / | / | 2 318,63 € |
| Échelon provisoire 2 | / | / | 2 436,78 € |
| Échelon 1 | 1 944,50 € | 2 102,03 € | 2 559,85 € |
| Échelon 2 | 2 087,26 € | 2 215,25 € | 2 746,91 € |
| Échelon 3 | 2 200,48 € | 2 353,09 € | 2 865,06 € |
| Échelon 4 | 2 303,86 € | 2 490,93 € | 3 027,51 € |
| Échelon 5 | 2 417,08 € | 2 628,76 € | 3 189,96 € |
| Échelon 6 | 2 550,00 € | 2 771,53 € | 3 352,41 € |
| Échelon 7 | 2 707,53 € | 2 919,21 € | 3 514,86 € |
| Échelon 8 | 2 855,21 € | 3 071,81 € | 3 657,63 € |
| Échelon 9 | 3 002,90 € | 3 229,34 € | 3 785,62 € |
| Échelon 10 | 3 175,19 € | 3 396,72 € | / |
| Échelon 11 | 3 337,64 € | 3 578,86 € | / |
À ces montants bruts s’ajoutent les primes, et il faut retirer les cotisations pour obtenir le net réellement perçu chaque mois.
Grille indiciaire infirmier catégorie A
Aujourd’hui, la très grande majorité des infirmiers diplômés d’État relèvent de la catégorie A. Ce basculement, engagé avec la réingénierie du diplôme d’infirmier (reconnu au grade licence) puis consolidé par le Ségur, a restructuré la grille : elle démarre désormais à un indice majoré plus élevé et offre une progression de carrière plus favorable. La grille des grades 1, 2 et 3 présentée ci-dessus correspond à cette catégorie A. L’avantage est double : un traitement de base plus élevé et un impact positif sur le calcul de la retraite, celle-ci étant assise sur l’indice de fin de carrière.
Grille indiciaire infirmier catégorie B
La catégorie B n’a pas totalement disparu : elle subsiste, en voie d’extinction, pour les infirmières qui, lors du droit d’option, ont choisi de conserver le bénéfice de la « catégorie active ». Ce statut leur permet un départ à la retraite anticipé (dès 57 ans), en contrepartie d’une grille indiciaire de catégorie B moins avantageuse sur le montant du traitement. C’est tout l’arbitrage historique de ce corps : partir plus tôt, ou gagner un peu plus. Les nouvelles générations d’IDE, elles, sont directement recrutées en catégorie A.
Salaire infirmière débutante
Une infirmière débutante dans la fonction publique hospitalière démarre au 1ᵉʳ échelon du grade 1, soit un salaire de base brut de 1 944,50 € (environ 1 550 € nets hors primes). Mais ce chiffre ne reflète pas la fiche de paie réelle : dès les premiers mois, en ajoutant le complément de traitement indiciaire (Ségur), la prime de début de carrière et les indemnités de dimanche ou de nuit, une infirmière débutante atteint plutôt 2 300 € à 2 500 € brut. C’est précisément l’objet des revalorisations récentes : rendre le début de carrière moins décourageant.
Les primes qui complètent le salaire infirmier
Dans le secteur public, plusieurs primes s’ajoutent au traitement de base et peuvent faire une réelle différence sur le net par mois :
- La prime Ségur représente 183 € nets mensuels.
- La prime de nuit, majorée de 25 % depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, ajoute de 200 à 500 € pour 10 à 12 nuits travaillées.
- La prime forfaitaire de week-end, versée à partir de 8 heures de travail les week-ends et jours fériés, atteint désormais 60 € (contre 44,89 € auparavant).
- La prime Veil pour les infirmières diplômées d’État de 90 € par mois.
- La prime de début de carrière pour les échelons 1 et 2 de 38,35 € par mois.
- La prime de contagion de 33 centimes par demi-journée.
- La prime d’exercice en soins critiques de 118 € par mois.
- L’indemnité de sujétions spéciales équivalente au paiement d’environ 13 heures supplémentaires par mois.
- L’indemnité de résidence, qui dépend de la zone géographique et de l’indice majoré. Cette prime est plutôt réservée aux infirmiers spécialisés. Par exemple, un infirmier avec un IM de 500 percevra une indemnité de résidence de 15 € en zone 1 (500 x 3 %) ou de 5 € en zone 2 (500 x 1 %).
Selon les horaires effectués et les conditions de travail, ces bonifications indiciaires et indemnitaires peuvent augmenter significativement la rémunération mensuelle.
Combien gagne une infirmière spécialisée ?
Se spécialiser, c’est monter en grade, donc en salaire. Les infirmières spécialisées relèvent du grade 3, avec une grille indiciaire propre qui démarre plus haut que celle des infirmiers en soins généraux. Tour d’horizon poste par poste.
Salaire infirmière puéricultrice
L’infirmière puéricultrice (IPDE), spécialisée dans le soin aux nouveau-nés, nourrissons et enfants, relève du grade 3 de la fonction publique hospitalière. Sa grille indiciaire va d’environ 2 319 € brut au premier échelon à 3 786 € brut en fin de carrière, soit un net compris entre environ 1 840 € en début de parcours et près de 3 000 € en fin de carrière, primes non comprises. Comme pour toutes les spécialités, l’ancienneté et les primes liées aux conditions de travail viennent compléter ce montant. À noter que le métier se conjugue aussi au masculin : le nombre d’infirmiers puériculteurs progresse.
Salaire infirmier anesthésiste (IADE)
L’infirmier anesthésiste est l’un des mieux rémunérés des infirmiers salariés, ce qui s’explique par un niveau de responsabilité élevé et une formation longue. En 2026, sa grille s’étend d’environ 2 215 € brut au premier échelon à 3 786 € brut au sommet de la carrière. En net, cela représente de l’ordre de 1 758 € pour un débutant hors primes, jusqu’à environ 3 005 € en fin de carrière, et bien davantage une fois les primes ajoutées. Car l’IADE cumule plusieurs compléments spécifiques : le CTI Ségur (environ 241 €), une prime IADE (environ 180 €), la prime Veil (90 €), sans compter les gardes et astreintes. Avec ces éléments, un IADE expérimenté peut approcher, voire dépasser, 3 400 € nets mensuels.
Salaire infirmière de bloc opératoire (IBODE)
L’infirmière de bloc opératoire (IBODE) relève elle aussi du grade 3 et de la catégorie A. Sa grille indiciaire est très proche de celle de la puéricultrice : de l’ordre de 2 319 € brut au premier échelon à 3 786 € brut au dernier, soit environ 1 840 € à 3 005 € nets hors primes. À cela s’ajoutent les primes propres à l’exercice au bloc et aux gardes, qui rendent la spécialité attractive, notamment dans le privé où la demande pour ces profils est forte.
Salaire infirmière coordinatrice
L’infirmière coordinatrice (IDEC), très présente en EHPAD et dans les services de soins à domicile, encadre les équipes soignantes et organise les parcours de soins. Il n’existe pas de grille indiciaire dédiée : sa rémunération s’adosse au corps infirmier et varie fortement selon l’employeur. En pratique, le salaire brut mensuel se situe entre environ 2 000 € et 3 365 €. En net, on observe des écarts nets selon le secteur : autour de 2 816 € dans le public, 2 661 € dans le privé non lucratif et 2 345 € dans le privé lucratif. La fonction, plus proche du management, constitue souvent une évolution recherchée en milieu de carrière.
Quel est le salaire d’une infirmière scolaire (Éducation nationale) ?
L’infirmière scolaire ne relève pas de l’hôpital mais de l’Éducation nationale : c’est un corps d’infirmiers de l’État, avec sa propre grille et ses propres primes. Le rythme (calé sur le calendrier scolaire, sans nuits ni week-ends) séduit beaucoup de soignantes en quête d’équilibre, mais la rémunération est plus modeste que dans les soins critiques.
En 2026, une infirmière scolaire débutante perçoit environ 1 543 € nets hors prime, portés à près de 1 819 € avec l’IFSE (l’indemnité mensuelle du régime RIFSEEP). En fin de carrière, hors classe, le net atteint de 2 841 € à environ 3 189 € avec primes. À l’IFSE, versée chaque mois (de l’ordre de 355 à 441 € selon le grade et le groupe de fonctions), s’ajoute le CIA, un complément indemnitaire annuel pouvant atteindre 1 090 à 1 230 € par an. Le métier d’infirmier scolaire attire donc davantage pour son cadre de vie que pour son montant de fiche de paie.
Quel est le salaire infirmier 2026 dans le secteur privé ?
Selon une étude de la DREES, une infirmière du secteur privé gagne en moyenne 2 463 € nets mensuels, soit environ 9,7 % de moins qu’une infirmière du secteur public.
💡 Bon à savoir : les infirmières du privé avaient été exclues de certaines revalorisations prévues par le gouvernement en 2024, et leur grille de salaire est fixée par la convention collective de l’établissement, non par l’indice de la fonction publique.
Ce constat mérite toutefois d’être nuancé pour les profils spécialisés. Selon les données disponibles, les infirmiers spécialisés exerçant dans le privé peuvent percevoir des salaires bruts mensuels de 2 500 € à 4 000 €, selon l’expérience, la spécialité et la convention collective applicable. Un infirmier anesthésiste (IADE) ou de bloc opératoire (IBODE) peut ainsi être mieux payé dans une clinique privée que dans le public, en raison de la demande accrue pour ces spécialités. Le privé se joue donc au cas par cas, entre convention collective et négociation individuelle.
Quel est le salaire d’une infirmière de nuit ?
Le travail de nuit ne modifie pas le salaire de base : une infirmière de nuit relève de la même grille indiciaire que ses collègues de jour, à grade et échelon équivalents. La différence se fait entièrement sur les primes et majorations.
Depuis le décret de février 2024, les heures de nuit sont majorées de 25 %, auxquelles s’ajoutent l’indemnité horaire pour travail de nuit et, le cas échéant, les majorations de dimanche et jours fériés. Concrètement, pour une infirmière assurant 10 à 12 nuits par mois, ces compléments représentent une hausse de 200 à 500 € brut mensuels selon l’ancienneté, davantage en fin de carrière. C’est souvent ce qui explique qu’à poste identique, une infirmière de nuit affiche un net supérieur à celui d’une collègue de jour, au prix d’un rythme physiologiquement plus exigeant.
Quel est le salaire d’une infirmière libérale ?
Les infirmières libérales ont des revenus variables, directement liés à leur activité. En 2026, le revenu net mensuel moyen d’une IDEL est estimé autour de 3 375 € avant impôt sur le revenu, mais ce chiffre masque de fortes disparités selon le mode d’exercice et le niveau de charges. Point crucial à garder en tête : les charges professionnelles absorbent 40 à 50 % du chiffre d’affaires. Une IDEL qui facture 7 000 € par mois ne perçoit donc, en net, qu’environ 3 200 à 3 500 €.
Titulaire, collaboratrice ou remplaçante : quel revenu ?
Le statut change tout. Une infirmière libérale titulaire, qui possède sa patientèle, dégage le revenu le plus élevé, mais porte l’ensemble des charges et des risques. Une collaboratrice partage la patientèle et reverse une redevance. Une remplaçante, elle, échange sécurité contre souplesse. En 2026, on observe schématiquement les ordres de grandeur suivants :
| Statut IDEL | Chiffre d’affaires annuel | Revenu net mensuel (avant impôt) |
|---|---|---|
| Titulaire | ~85 700 € | ~4 000 € |
| Collaboratrice | ~70 000 € | ~3 200 € |
| Remplaçante | ~59 700 € | ~2 886 € |
En début d’installation, une IDEL débutante gagne souvent entre 1 700 et 2 800 € nets la première année, avant de progresser vers 3 000 à 3 500 € dès la deuxième année, une fois la patientèle et l’organisation stabilisées.
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Combien gagne une IDEL en région PACA ?
Prenons l’exemple de la région PACA, où il est quasi impossible de s’installer comme infirmière libérale titulaire : de nombreuses IDEL s’y lancent donc en remplacement. Selon une étude de l’URPS PACA (2018), le revenu médian d’une infirmière libérale y atteint 73 500 €, pour environ 168 jours travaillés et des journées de 13 heures, soit 2 184 heures par an. Cette même étude a établi que 62 % du temps était passé au domicile des patients, soit 1 363 heures, ce qui revient à estimer environ 53,94 € par heure au domicile, et 90 centimes par minute passée auprès du patient. Un éclairage utile pour mesurer l’intensité réelle du travail derrière le revenu affiché.

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L’IPA (Infirmier en Pratique Avancée) est-il un levier d’évolution salariale ?
L’infirmier en pratique avancée (IPA) représente aujourd’hui un véritable levier d’évolution salariale pour un infirmier qui souhaite rester dans le soin tout en montant en compétences. L’IPA bénéficie d’un niveau d’études plus élevé (master), d’un champ de compétences élargi (suivi de patients chroniques, renouvellement ou adaptation de traitements, consultations dédiées, travail en binôme avec les médecins) et d’une reconnaissance statutaire progressive dans le système de santé. Cette montée en responsabilité s’accompagne d’une revalorisation de la rémunération par rapport à un infirmier diplômé d’État « classique ».
Dans le secteur public, le salaire d’un IPA est supérieur à celui d’un IDE, grâce à un classement indiciaire plus favorable et à des primes spécifiques. Dans le privé ou en libéral, le modèle économique est encore en construction, mais plusieurs expérimentations et accords montrent que l’IPA peut prétendre à des revenus supérieurs, notamment via la facturation de consultations et des modes de financement dédiés.
Pour autant, devenir IPA ne signifie pas forcément « gagner beaucoup plus » immédiatement : la rémunération reste liée au type de structure, aux accords locaux et à la reconnaissance effective des missions. Sur le moyen et long terme, en revanche, l’IPA s’impose clairement comme une voie d’évolution de carrière permettant d’améliorer sa rémunération tout en enrichissant son rôle clinique.
La vacation est-elle une alternative plus rémunératrice ?
La vacation peut constituer une alternative intéressante pour augmenter sa rémunération, surtout pour un infirmier salarié qui souhaite compléter son revenu sans s’engager immédiatement dans le libéral. En travaillant en vacation, l’infirmier est souvent payé à l’heure ou à la journée, avec des taux plus élevés que sur un poste fixe classique, notamment dans les cliniques privées, les établissements médico-sociaux ou l’intérim. Certaines structures acceptent de mieux payer pour combler des besoins ponctuels, des remplacements urgents ou des créneaux peu attractifs (nuits, week-ends, périodes estivales). À volume de travail équivalent, cela permet de percevoir une rémunération plus avantageuse qu’un simple salaire de base.
En revanche, la vacation reste une activité par nature instable : pas de garantie de planning, alternance de périodes très chargées et de creux, difficulté à anticiper ses revenus sur l’année. Elle n’ouvre pas non plus les mêmes droits qu’un CDI en matière de sécurité de l’emploi, d’évolution salariale automatique ou de projets à long terme. Pour un infirmier qui cherche à augmenter ponctuellement ses revenus ou à tester d’autres modes d’exercice sans quitter son poste, la vacation peut donc être plus rémunératrice, au prix d’une moindre sécurité et d’une organisation plus flexible à accepter.
FAQ sur le salaire infirmier 2026
Quel est le salaire moyen d’un infirmier en 2026 ?
En 2026, le salaire moyen brut d’un infirmier dans le public varie de 1 950 € à 3 800 € selon l’ancienneté, le grade et les primes. Dans le privé, il est un peu inférieur (environ 2 400 € nets), tandis qu’en libéral, le revenu net mensuel moyen est estimé à 3 375 € avant impôt. Tous secteurs confondus, la DREES situe le net moyen autour de 2 800 € en équivalent temps plein.
Le salaire des infirmiers a-t-il augmenté en 2026 ?
Oui, mais de manière limitée. Le point d’indice des fonctionnaires reste gelé, ce qui freine la hausse des salaires de base. Cependant, plusieurs primes ont été revalorisées : prime Ségur (183 € nets), prime de nuit (+25 %), prime de dimanche (60 €), ce qui améliore le salaire global.
Le salaire infirmier est-il le même partout en France ?
Non. Certains éléments comme l’indemnité de résidence varient selon la zone géographique. De plus, les opportunités en libéral peuvent fortement fluctuer entre zones rurales et zones surdotées ou très urbanisées.
Quel est le salaire d’une infirmière débutante en 2026 ?
Une infirmière débutante dans la fonction publique hospitalière commence avec un salaire brut d’environ 1 950 € (hors primes). En ajoutant les primes courantes (Ségur, dimanche, nuit), elle peut atteindre 2 300 € à 2 500 € brut dès les premiers mois.
Quelle spécialité d’infirmière est la mieux payée ?
Parmi les salariés, l’infirmier anesthésiste (IADE) est généralement en tête, grâce à une grille de grade 3 et à des primes spécifiques. En potentiel brut, une infirmière libérale titulaire très active peut toutefois dépasser tous les profils salariés, mais avec des charges et des risques bien plus élevés.
Le salaire infirmier est-il le même partout en France ?
Non. Certains éléments comme l’indemnité de résidence varient selon la zone géographique. De plus, les opportunités en libéral fluctuent fortement entre zones rurales, zones surdotées et grandes villes.
Les infirmiers du privé sont-ils moins bien payés ?
En général, oui : les salaires en clinique ou en EHPAD privés sont inférieurs de 5 à 15 % au public à poste équivalent. Néanmoins, certains établissements spécialisés ou haut de gamme proposent de meilleurs salaires, notamment pour les infirmiers spécialisés (IADE, IBODE, IPDE).
Pourquoi parle-t-on de stagnation des salaires dans la fonction publique ?
Parce que le point d’indice, base de calcul du traitement brut des fonctionnaires, est gelé depuis 2023. Hors primes, le salaire de base n’évolue donc pas, même en cas d’inflation. Seules les revalorisations indemnitaires viennent améliorer le revenu total.
Pour conclure, le salaire infirmier en France reste un sujet épineux. Il se situe environ 10 % en dessous de la moyenne européenne, et la France se classe au 30ᵉ rang des 36 pays de l’OCDE. Espérons que les années à venir soient plus favorables aux infirmières françaises.
Et vous, que pensez-vous de ce salaire infirmier ? Exercez-vous en salariat ou en libéral ? Partagez-nous votre expérience en commentaire !
💡 Pour aller plus loin : Être infirmière en Belgique · Être infirmière en Suisse · Être infirmière au Québec
📃 Sources : Ministère de la Santé · DREES · HAS · Fédération Hospitalière de France · Ordre National des Infirmiers · Conventions collectives de l’hospitalisation privée.





Faux la ou je bosse c est après 30 ans de service 2230 euros. Je ne sais pas d’où sortent ces chiffres mais on n’est très loin de la réalité.
Bonjour Mattei, nous présentons les grilles de salaire officielles. Votre rémunération en tant qu’infirmier va dépendre de votre grade, de votre spécialité et de vos années d’expérience. Bien à vous, Cloé de CBA
Le statut d’infirmière remplaçante n’est pas un progrès pour la profession, puisqu’il divise encore notre rôle propre dans la même catégorie. C’est un frein pour avoir plus d’IDEL sur le terrain et d’accepter le numérus closus, qui est un scandale. Ce qui est embêtant, c’est surtout pour les IDEL, qui n’arriveront plus à vendre leur patientèle, ce qui était interdit dans les années 1980, et les cartes professionnelles idem. Ça devient un vrai business !!!
Cela empêche les IDEL, de se mobiliser sur les vrais problèmes . Plus de démocratie au sein de la profession, pour décider, de notre profession, l’arrivée de l’Ordre, n’a pas été à la hauteur, si c’est pour notre déontologie, nous l’avions déjà dans le Conventionnement, et celui-ci fut une réelle avancée, des années1960, avec le Régime Général de Sécurité, pour nous différencier des « bonnes sœurs » avec les termes qui vont avec : » sacerdos »,
» vocation » etc…..
Je trouve que nous avons beaucoup régressé dans notre façon d’envisager notre profession. Tout devient comptable, les termes comme la démarche infirmière est devenu Bilan infirmier ( grosse arnaque) la Promotion à, pour laSanté, l’Éducation à et pour la Santé, est devenu Éducation thérapeutique, très peu mise en place, et la pour la prévention, la « vraie » Santé Publique », avec sa fidèle Santé Communautaire tout cela n’est même plus connu ou peu envisagé, dans les IFSI. J’ai l’impression que depuis que les garçons sont arrivés plus nombreux dans la profession, ils ont développé plus le côté marchand, et lucratif , et moins fiable.
En tout cas c’est avec la junte masculine, qui m’est arrivé d’avoir été le plus arnaqué, au début de notre installation en SCP IDEL :Cabinet de remplacement infirmier en 1984, et la super arnaque quand j’ai donné ma carte prof.d’infirmière, pour un jeune qui travaillait avec son frère IDEL et qui voulait augmenté leur patientèle. Naïvement, j’ai cru qu’ils tiendraient parole pour créer ensemble un lieu d’accueil en SCIC pour animer des ateliers d’éducation à la Santé. Dont atelier cuisine/nutrition, où IDELX, IDE salarié, patient-e-s, Assurés Sociaux. Auraient pu se retrouver, décider ensemble de leur désir et besoins de se prendre en main. Informer. Orienter, éducation populaire autour des problématiques réncontrée. Bref comme on dit à Marseille j’ai fait la rencontre d’1 bouche, et d’1 garc, qui préférait se remplir les poches, plutôt, que de travailler intelligemment.
Voilà pour petite histoire, et pour donner mon impression, sur notre magnifique profession, d’infirmière, bien dénaturée, et toujours trop divisée, car encore une fois c’est à chacun-e de NOUS qui produisons des Soins Infirmiers de DÉCIDER du comment nous organiser, dans nos choix respectifs , mais travailler ensemble. Nous n’avons pas besoin de l’ordre, qui a foutu plus le désordre qu’autre chose.
La représentation par qq un-e-s tue la Démocratie réelle.
tres bonne explication
Ils sont payés par l URSSAF LA SÉCURITÉ SOCIALE ET LA MUTUELLE c est bien ça