Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental qui associe inattention, hyperactivité et/ou impulsivité, avec un retentissement réel sur la vie quotidienne, chez l’enfant comme chez l’adulte. Au domicile, l’IDEL observe ces manifestations au plus près : difficultés à maintenir l’attention, agitation, oublis, désorganisation, risques d’inobservance. 🔎 Dans cet article, on fait le point sur la définition, les symptômes, le diagnostic, la prévalence et les traitements, puis sur les réflexes concrets pour accompagner et orienter un patient présentant un TDAH.
Qu’est-ce que le TDAH ?
Le TDAH, pour trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, désigne un trouble neurodéveloppemental : il commence dans l’enfance et touche l’attention, l’impulsivité et parfois l’hyperactivité. La littérature parle aussi de trouble du déficit de l’attention, de trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, ou de trouble du développement (au sens large des troubles du neurodéveloppement).
Dans la pratique, le TDAH ne se résume pas à “un enfant agité”. Le trouble crée surtout un retentissement durable sur la vie quotidienne : apprentissages, relations, sécurité (accidents), estime de soi, santé mentale. Les symptômes changent souvent avec l’âge : l’hyperactivité motrice peut diminuer, mais l’inattention et l’impulsivité peuvent continuer et exposer à des conduites à risque à l’adolescence.

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Quels sont les symptômes du TDAH ?
Le TDAH se caractérise par trois familles de symptômes. Le patient présentant un TDAH peut exprimer une dominante (ou un mélange) :
- Inattention : difficulté à maintenir l’attention, oublis fréquents, distractibilité, difficulté à terminer une tâche, évitement des tâches qui demandent un effort attentionnel.
- Hyperactivité : agitation, incapacité à rester en place, besoin de bouger.
- Impulsivité : difficulté à attendre, tendance à interrompre, décisions rapides, passages à l’acte.
Pour parler de symptômes du TDAH, les équipes recherchent surtout un trio : durée, répétition, retentissement. Concrètement, les symptômes persistent (souvent au moins 6 mois), dépassent ce qu’on attend pour l’âge, et perturbent plusieurs contextes (école/maison/travail).
Quelle est la prévalence du TDAH ?
Les sources institutionnelles donnent des ordres de grandeur cohérents :
- Environ 5 % des enfants présentent un TDAH selon la Haute Autorité de Santé.
- L’Inserm rapporte 5,9 % des moins de 18 ans et 2,8 % des adultes.
- Une instruction ministérielle (DGOS/DI-TND) indique une prévalence d’environ 5 % chez l’enfant et 3 % chez l’adulte (et précise des enjeux d’organisation de filière).
Ces chiffres varient selon les méthodes d’étude, mais ils confirment un point simple : le TDAH reste un trouble fréquent, et l’accès au diagnostic et à la prise en charge crée souvent une errance évitable.
Comment se fait le diagnostic du TDAH ?
Le diagnostic de TDAH repose sur une évaluation clinique : le médecin rassemble un faisceau d’indices (symptômes, ancienneté, retentissement, présence dans plusieurs milieux, comorbidités, diagnostic différentiel). L’Assurance Maladie rappelle qu’aucun examen complémentaire ne suffit à lui seul : le médecin s’appuie sur l’histoire, l’observation et les retours de l’entourage.
- Qui pose le diagnostic ? La HAS indique que tout médecin formé au TDAH peut poser le diagnostic (médecin généraliste, pédiatre, psychiatre, neurologue… si formation/compétence acquise).
- Ce que l’IDEL peut faire (sans diagnostiquer) : au domicile, vous documentez ce que le patient vit réellement. Vous aidez beaucoup le médecin quand vous décrivez des situations concrètes : oublis de soins/traitements, difficultés à maintenir une consigne, impulsivité (prises de risque), agitation, retentissement sur la sécurité, le sommeil et l’organisation.
Quels traitements pour le TDAH ?
Le traitement du TDAH combine presque toujours plusieurs leviers. Les référentiels français insistent sur une prise en charge globale et progressive.
Approche non médicamenteuse (souvent en première intention)
Les équipes proposent d’abord des mesures qui renforcent les compétences et diminuent le retentissement : psychoéducation, accompagnement familial, aménagements scolaires, interventions psychologiques dont thérapies comportementales (souvent TCC), rééducations selon les besoins (orthophonie, psychomotricité/ergothérapie, etc.).
Vous pouvez aussi entendre parler de remédiation cognitive. Elle peut aider certains patients sur des objectifs ciblés (organisation, planification, mémoire de travail), mais elle s’intègre surtout dans une stratégie plus large (routines, outils, soutien, coordination).
Traitement médicamenteux (quand le médecin l’indique)
En France, l’Assurance Maladie rappelle que le médecin réserve le traitement médicamenteux à certaines situations, notamment si les mesures non médicamenteuses restent insuffisantes.
La HAS présente aussi les options : méthylphénidate en première intention chez l’enfant/ado selon indication et profil, puis alternatives comme l’atomoxétine si besoin.
En parallèle, l’ANSM publie des recommandations en contexte de tensions d’approvisionnement en méthylphénidate. C’est utile au domicile : vous pouvez repérer tôt les ruptures d’observance et encourager l’anticipation (renouvellement, contact pharmacien/prescripteur).
TDAH à l’âge adulte, que savoir ?
Le TDAH chez l’adulte existe. L’Inserm rappelle que le trouble touche aussi les adultes, avec des symptômes d’inattention, d’agitation (souvent plus interne) et d’impulsivité, et surtout un handicap cognitif et social parfois sévère et persistant.
Au domicile, beaucoup d’adultes décrivent moins “d’hyperactivité visible” et davantage : désorganisation, procrastination, oublis, variabilité de l’énergie, surcharge mentale, conduite émotionnelle impulsive, accidents du quotidien, difficultés au travail. Le diagnostic suit la même logique : un médecin mène une évaluation clinique et recherche l’ancienneté, le retentissement, et les troubles associés.
Comment vivre avec le TDAH ?
Vivre avec un TDAH devient plus simple quand le patient (et son entourage) construit un “système” qui compense les fragilités attentionnelles. Vous pouvez proposer des stratégies très concrètes, sans infantiliser :
- Routines courtes : une routine “matin” et une routine “soir”, avec 3 à 5 étapes maximum.
- Un seul outil de rappel (et non trois) : agenda unique, alarmes, pilulier, checklist visible.
- Découpage : une consigne = une action ; une tâche longue = des micro-tâches.
- Sommeil : horaires plus stables, diminution des écrans tardifs, repérage des prises tardives de stimulants si traitement.
- Coordination : médecin traitant + professionnels impliqués + école (si enfant) + famille, avec une information simple et cohérente.
Quel est le rôle des IDEL pour la prise en charge d’un patient avec TDAH ?
Vous gagnez du temps et vous protégez le patient quand vous structurez votre suivi autour de trois axes.
1) Repérage clinique du retentissement
Vous repérez les situations-problèmes : oublis répétés, non-observance, accidents domestiques, impulsivité, épuisement familial, isolement, décrochage scolaire ou professionnel.
2) Prévention des risques (dont conduites addictives)
La HAS alerte sur l’exposition accrue aux conduites à risque chez l’adolescent.
Au domicile, vous pouvez poser une question simple, sans morale : “Qu’est-ce qui vous aide à tenir quand votre attention vous lâche ?” Puis vous orientez si vous repérez un usage problématique.
3) Coordination et filière
Une instruction DGOS/DI-TND (14 mai 2025) organise la création de filières de soins et la labellisation de centres ressources régionaux TDAH, avec un déploiement annoncé sur 2026. Cette évolution vise à clarifier l’accès au diagnostic et au suivi.
Sur le terrain, vous pouvez déjà améliorer la coordination en transmettant au médecin une synthèse courte : symptômes observés, retentissement, risques, points d’appui (ce qui marche), points d’échec (ce qui fait chuter l’observance).
TDAH au cœur du quotidien : le témoignage d’Hélène, IDEL en zone rurale
"Je suis IDEL en zone rurale, côté campagne sur la côte basque. Dans ma tournée, je vois vite quand un patient présente un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) : ce n’est pas une “agitation”, c’est surtout une désorganisation qui casse le quotidien. J’accompagne un patient adulte (je change son prénom) qui oublie ses rendez-vous, décale ses prises, dort mal et se retrouve vite submergé dès qu’il y a trop de choses à gérer.
Au début, on m’a appelée pour surveiller l’observance, mais j’ai compris que je devais d’abord simplifier. On a choisi un seul rappel (alarme du téléphone), un pilulier visible, et une routine courte : “je me lève, je bois, je prends, je coche”. Je lui ai aussi demandé de viser la régularité plutôt que la perfection. Quand il partait dans dix objectifs, je revenais à deux priorités : sommeil et traitement.
En campagne, l’accès aux spécialistes reste compliqué, alors je joue le rôle de lien. Je transmets au médecin une synthèse claire : ce que j’observe, ce qui marche, ce qui le fait décrocher, et les points de vigilance. Depuis qu’on a structuré ça, le patient rate moins ses étapes, et surtout il garde un repère quand ça déraille. Pour moi, la prise en charge du TDAH au domicile, c’est ça : installer une structure simple qui tient dans la vraie vie."
📃 Sources :
- Haute Autorité de Santé – Q/R et chiffres clés, diagnostic par médecin formé
- Inserm – définition, retentissement, prévalence 5,9% <18 ans / 2,8% adultes
- Assurance Maladie – symptômes, diagnostic clinique, logique de traitement






