La réforme de la formation infirmière n’est plus au stade des projets : elle est désormais officiellement actée. Après des mois d’attente et plusieurs étapes de concertation, le décret n° 2026-130 et l’arrêté du 20 février 2026 relatif au diplôme d’État d’infirmier ont été publiés au Journal officiel du 25 février 2026. Le référentiel de 2009 entre donc dans une phase de transition, avec une mise en œuvre pour les étudiantes et étudiants entrant en IFSI à compter de septembre 2026.
Qu’est-ce que la réforme du référentiel de formation infirmière ?
Le référentiel constitue le document fondateur des études en soins infirmiers. Il définit les compétences à acquérir, les enseignements obligatoires, la durée de la formation, ainsi que les modalités de stage, d’évaluation et de validation. C’est le cadre de référence pour tous les IFSI en France.
Adopté en 2009, lors de l’intégration des études dans le système universitaire LMD (Licence – Master – Doctorat), il avait posé des bases solides : approche par compétences, unités d’enseignement capitalisables, stages professionnalisants. Mais après 15 ans d’évolution du métier, ce cadre montre aujourd’hui ses limites.
Les pratiques ont changé : essor des soins à domicile, montée en charge de la coordination interprofessionnelle, développement de la télésanté, croissance des prises en charge complexes, élargissement des compétences… La formation initiale ne reflète plus suffisamment les réalités actuelles du terrain.
C’est pour répondre à ces transformations que le ministère de la Santé et de l’Enseignement supérieur ont engagé une réforme en profondeur. Objectif : former des professionnelles plus autonomes, polyvalentes, capables de réfléchir, décider et coordonner dans un environnement en mutation.

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Qui est concerné par la réforme de la formation infirmière en 2026 ?
Le nouveau référentiel s’applique aux étudiants entrant en formation à compter de septembre 2026. Les étudiants ayant commencé avant cette date restent régis par l’arrêté du 31 juillet 2009. Cette précision figure explicitement dans les dispositions transitoires de l’arrêté du 20 février 2026.
Le calendrier mis à jour (février 2026)
- 9 décembre 2025 : avis du CNESER et du Haut Conseil des professions paramédicales (rappelé dans le décret).
- 8 janvier 2026 : avis du CNEN (rappelé dans le décret).
- 20 février 2026 : signature du décret et de l’arrêté relatifs au diplôme d’État d’infirmier.
- 25 février 2026 : publication au Journal officiel (réforme officiellement actée).
- Septembre 2026 / 1er septembre 2026 : entrée en application pour les étudiants qui débutent la formation
Pourquoi faire une réforme de la formation infirmière ?
La version actuelle du référentiel, bien qu’encore opérationnelle, ne prend plus en compte les exigences actuelles du métier. De nouveaux besoins ont émergé : renforcement des soins en santé mentale, accompagnement des maladies chroniques, enjeux de santé publique, vieillissement de la population, développement de la pratique avancée…
Dans le même temps, les environnements de soins se sont complexifiés, la coopération interprofessionnelle est devenue indispensable, et le numérique bouleverse l’organisation du soin.
Le nouveau référentiel vise donc à :
- mettre à jour les contenus théoriques et cliniques,
- renforcer l’autonomie décisionnelle,
- mieux articuler les apprentissages entre l’IFSI et le terrain,
- valoriser l’approche globale du soin et la relation thérapeutique.
C’est aussi une manière de redonner de l’attractivité au métier, en donnant plus de sens et de reconnaissance aux missions des futures diplômées.
Que prévoit la nouvelle formation infirmière?
Le nouveau cadre confirme une architecture de formation en 3 ans, 6 semestres et 180 ECTS, tout en renforçant le volume et l’organisation des apprentissages. Le parcours de formation comprend 4 620 heures, réparties entre enseignement clinique (2 310 h), enseignement et encadrement pédagogique (1 890 h) et travail d’appropriation en autonomie (420 h). La charge de travail totale est estimée entre 4 620 et 5 400 heures, selon le travail personnel complémentaire.
Le texte précise aussi la structuration du référentiel autour d’un cadre national (socle commun) et d’un cadre de consolidation, avec un socle représentant 142 ECTS, dont 56 ECTS d’enseignement clinique correspondant à 56 semaines de stage.
Des compétences plus “actuelles »
Les orientations de la réforme (raisonnement clinique, prévention, santé publique, coordination, numérique en santé) sont confirmées par les premiers retours publiés après parution des textes. Notamment la lecture du SNPI, qui insiste sur le renforcement de la dimension clinique, de la prévention/santé publique, de la coordination des parcours et de l’intégration du numérique en santé dans la formation.
Certification du décès : un exemple concret (et déjà en vigueur)
En parallèle, certaines compétences se sont déjà élargies. C’est le cas de la certification du décès : un arrêté encadre la formation nécessaire, avec une partie obligatoire de 12 heures (module médical + module administratif et juridique) et une partie additionnelle facultative, le tout avec évaluation.
Qu’est-ce que ça change pour les IDEL ?
Même si vos études sont loin, cette réforme va se voir sur le terrain.
D’abord, si vous accueillez des étudiantes en stage, il faudra progressivement aligner l’encadrement et l’évaluation sur une logique de compétences et sur des attendus plus “cliniques” et plus “raisonnement”. Dit autrement : le stage devient encore davantage un lieu de construction de l’autonomie, pas seulement de reproduction de gestes.
Ensuite, vous risquez de voir arriver des jeunes diplômées plus à l’aise (ou du moins plus formées) sur la coordination, l’outillage numérique, la prévention structurée, et la logique de parcours tout ce qui, en libéral, pèse énormément au quotidien.
Pour les IDEL qui accueillent des étudiantes en stage, la réforme ne se résume pas à un changement “théorique” : elle va progressivement modifier les attentes en matière d’encadrement, d’évaluation et de progression clinique. La place centrale des stages est confirmée, ce qui renforce mécaniquement l’importance du compagnonnage, du tutorat, et de la qualité de l’accompagnement de terrain. Cela rejoint d’ailleurs les préoccupations déjà exprimées par de nombreuses professionnelles sur la reconnaissance du tutorat.
Les points de vigilance à ne pas minimiser
Plusieurs signaux d’alerte reviennent : qualité de vie étudiante, charge de travail, disponibilité des terrains de stage et moyens d’encadrement dans les IFSI. L’universitarisation est une opportunité, mais elle ne “réussit” pas sans pilotage clair et sans ressources humaines/pédagogiques.
Ce qui est acté juridiquement :
- la publication des textes au JO (décret + arrêté) ;
- la mise en œuvre pour les promotions entrantes à partir de septembre 2026 ;
- le maintien d’une formation en 3 ans ;
- le transfert de la délivrance du diplôme d’État vers les universités accréditées (et non plus les préfets de région), dans le cadre de l’universitarisation.
⚠️ Les points de vigilance qui demeurent :
Infirmiers.com relaie les réserves du SNPI sur la densité de la réforme sans allongement de la durée des études, avec 4 600 heures concentrées sur 3 ans, et alerte sur la pression potentielle sur les étudiants, le risque de fragiliser les apprentissages réflexifs, ainsi que l’enjeu d’attractivité et de prévention du décrochage. Le syndicat insiste aussi sur les conditions de stage, la formation des encadrants et la reconnaissance du tutorat (temps dédié, prime de tutorat).
Et vous, que pensez-vous de cette réforme de la formation infirmière ?





Beaucoup d emballage . on augmente la charge de travail au niveau de la formation mais… toujours en 3ans d’ études .il aurait mieux valu de passer à 4ans pour ça.
À quand la revalorisation des salaires sinon tout cela c est du cinéma ,il y aura toujours des abandons :charge de travail de plus en plus lourde et professionnels mal payés en comparaison.nous nous faisons toujours avoir,..trop « contente d »être reconnu »… à quoi ça sert si le salaire ne suit pas! Arrêtons de nous glorifier parce que on a bien voulu nous donner quelques miettes que les médecins n’ont plus le temps de faire parce que moins nombreux …. pour moi cela ne signifie rien sauf que l’on se fait avoir encore un peu plus. Cela reste mon avis.
Et être payée en tant qu’IDEL quand on reçoit un étudiant? Nous participons à leur formation à mon sens…
pour ma part, je ne vois pas un changement majeur dans l’apprentissage du métier. Nous sommes l’un des petits ou le métier est le moins valorisé. Pour attirer les jeunes dans la profession, que l’ état commence par revaloriser les salaires et nous payer à niveau d’étude. Me semble-t-il, notre formation consisté à être autonome, prendre des initiatives accompagné de notre référente, et acquérir une pratique du métier. Aujourd’hui pour un salaire moindre, on prend la responsabilité d’établir des certificats de décès, travail dont les doc se déchargent, contrainte supplémentaire pour les IDEL, tout en étant payé une misère. Youpi je suis ravie. Bref, on nous prend pour des vaches à lait. Et je reste poli. Si la profession était si exaltante, il n’y aurait pas une hémorragie de démission dans la profession infirmière et aide soignante….. A méditer
La durée de 3 ans d’études n’ est pas suffisant. Le programme est trop condensé avec tout ce qui est rajouté. Les étudiants vont se retrouver dans un rouleau compresseur, des machines à apprendre, à ingurgiter. .. Personne ne peut évoluer dans ce parcours , cette course à l’apprentissage et mise en pratique des compétentes sans se poser la question Vais-je continuer, suis- je sur la bonne voie, m’ épuiser pour exercer un métier qui me plaît mais pendant encore combien de temps ? »
Merci de m’avoir lue
J ai l impression que l on revient à des etudes plus pratiques et laissant plus d independance et de reflexion znfin