Comment prévenir les escarres chez un patient alité : conseils et gestes essentiels

Comment prévenir les escarres chez un patient alité : conseils et gestes essentiels

Chez un patient alité, la peau subit une pression prolongée sur certaines zones du corps. Cette pression gêne la circulation sanguine, fragilise les tissus mous et peut provoquer une escarre. Au début, l’escarre peut ressembler à une simple rougeur. Pourtant, si personne ne réagit rapidement, elle peut évoluer vers une plaie douloureuse, longue à cicatriser et difficile à soigner. 💡 Prévenir les escarres chez un patient alité demande donc une vigilance quotidienne. Les bons réflexes reposent sur plusieurs actions complémentaires : changer régulièrement la position du patient, surveiller l’état de la peau, limiter les frottements, préserver une bonne hygiène, favoriser une alimentation saine, maintenir une bonne hydratation et utiliser un matériel adapté lorsque le risque augmente.

Qu’est-ce qu’une escarre ?

Une escarre est une lésion cutanée provoquée par une pression prolongée entre une surface d’appui, comme un matelas ou un fauteuil, et une zone osseuse du corps. Le poids du corps comprime la peau, les petits vaisseaux sanguins et les tissus mous. La circulation sanguine diminue alors dans la zone concernée. Peu à peu, la peau manque d’oxygène, s’abîme et peut se transformer en plaie.

On parle aussi de plaie de décubitus, car les escarres concernent souvent les personnes qui restent longtemps allongées ou assises. Elles peuvent apparaître chez un patient alité, chez une personne en fauteuil roulant, chez une personne âgée en perte d’autonomie ou chez un patient qui bouge difficilement après une chirurgie.

L’escarre ne se forme pas toujours de manière visible au départ. La peau peut sembler simplement rouge, plus chaude, plus dure ou plus sensible. Parfois, le patient ressent une douleur ou une brûlure avant même que la plaie apparaisse. C’est pour cette raison qu’il faut surveiller régulièrement les zones à risque et réagir dès les premiers signes.

Pourquoi un patient alité risque-t-il de développer des escarres ?

Un patient alité bouge moins souvent. Certaines parties de son corps restent donc appuyées longtemps contre le matelas. Cette immobilité crée des points de pression, surtout aux endroits où l’os se trouve proche de la peau. Plus la pression dure, plus la peau se fragilise.

Le risque augmente lorsque le patient ne peut pas changer seul de position. Une personne très fatiguée, paralysée, douloureuse ou désorientée ne signale pas toujours son inconfort. Elle peut rester plusieurs heures dans la même posture sans demander d’aide. Dans ce cas, les points d’appui subissent une pression continue.

D’autres facteurs favorisent aussi le développement des escarres. L’incontinence, par exemple, expose la peau à l’humidité et aux irritations. Un environnement humide abîme plus vite la barrière cutanée.

  • Une alimentation insuffisante fragilise aussi les tissus et ralentit la guérison des escarres. Une mauvaise hydratation rend la peau plus sèche, plus fragile et moins résistante.
  • Les forces de cisaillement jouent également un rôle important. Elles apparaissent lorsque le patient glisse dans son lit ou dans son fauteuil.
  • La peau reste en contact avec le support, tandis que le corps se déplace légèrement. Ce mouvement tire sur les tissus et augmente le risque de lésion.

💡 Pour prévenir les escarres, il faut donc éviter les glissements, bien installer le patient et adapter les gestes d’accompagnement.

Quels patients sont les plus à risque ?

Toutes les personnes alitées ne présentent pas le même risque. Certains patients ont besoin d’une surveillance renforcée dès les premiers jours d’immobilisation. C’est notamment le cas des personnes âgées, des patients à mobilité réduite, des personnes en fauteuil roulant, des patients qui présentent une perte d’autonomie importante ou des personnes qui restent longtemps au lit après une intervention chirurgicale.

Les patients avec un risque élevé sont aussi ceux qui mangent peu, boivent peu, perdent du poids ou présentent une peau déjà fragile. Une peau fine, sèche, irritée ou abîmée résiste moins bien aux pressions répétées. Les personnes qui souffrent d’incontinence nécessitent aussi une attention particulière, car l’humidité favorise les lésions cutanées.

La douleur peut également modifier le risque. Un patient douloureux bouge moins spontanément. Il évite certains mouvements, reste dans une position qui lui semble confortable et expose toujours les mêmes zones d’appui. À l’inverse, certains patients ressentent moins bien la douleur et ne signalent pas l’apparition d’une gêne ou d’une brûlure.

Pour mieux évaluer le risque, les professionnels de santé peuvent utiliser des outils spécifiques, comme l’échelle de Norton. Cette évaluation aide à adapter la prévention, le matériel et le niveau de surveillance.

Quelles sont les zones à risque ?

Les escarres apparaissent surtout sur les points de pression. Chez une personne allongée sur le dos, il faut surveiller en priorité les talons, les fesses, le sacrum, les hanches, les coudes, les omoplates, l’arrière de la tête et parfois la colonne vertébrale.

Les escarres fessières restent fréquentes chez les patients alités ou en fauteuil roulant. Les fesses et le sacrum supportent une grande partie du poids du corps, surtout lorsque la personne reste longtemps assise ou semi-assise. Cette position peut aussi favoriser le glissement dans le lit, donc les forces de cisaillement.

Les escarres du pied, notamment au niveau des talons, demandent aussi une attention particulière. Les talons reposent souvent directement sur le matelas. La peau y reste fine, parfois sèche, et la pression peut vite provoquer une rougeur persistante. Il faut donc vérifier cette zone chaque jour, surtout chez les patients qui bougent peu les jambes.

Chez une personne couchée sur le côté, les hanches, les chevilles, les genoux, les épaules et les oreilles peuvent également subir une pression importante. Une surveillance attentive de toutes ces zones permet d’agir avant que la peau ne s’abîme davantage.

Quels signes doivent alerter ?

Le signe précoce le plus connu est la rougeur persistante. Si une rougeur ne disparaît pas après avoir supprimé l’appui, il faut réagir. Cette rougeur peut annoncer le début d’une escarre, même si la peau ne présente pas encore de plaie.

Chez certaines personnes, surtout lorsque la peau est plus foncée, l’escarre débutante ne prend pas toujours la forme d’une rougeur visible. Elle peut apparaître comme un changement de couleur, une zone plus sombre, plus chaude, plus froide, plus dure ou plus douloureuse. La peau peut aussi sembler brillante, gonflée ou différente au toucher.

Le patient peut signaler une douleur, une sensation de brûlure, un picotement ou une gêne inhabituelle. Ces signes méritent une vérification immédiate, même lorsque la peau semble intacte. À l’inverse, une zone insensible doit aussi alerter, car elle peut indiquer une souffrance des tissus.

Il ne faut pas masser fortement une rougeur persistante. Ce geste peut aggraver les tissus déjà fragilisés. Il vaut mieux soulager l’appui, observer l’évolution et demander conseil à un professionnel de santé.

Quel matériel utiliser pour prévenir les escarres ?

Le matériel de prévention aide à réduire les points de pression. Selon le niveau de risque, un professionnel de santé peut recommander un matelas anti-escarres, un coussin anti-escarres, des coussins de positionnement ou une protection spécifique pour les talons.

Ces dispositifs médicaux ne remplacent pas les gestes quotidiens. Un matelas adapté ne suffit pas si le patient reste toujours dans la même position ou si personne ne surveille sa peau. Le matériel doit compléter les changements de position, l’hygiène, la surveillance et l’accompagnement du patient.

Le choix dépend de plusieurs critères : l’état général du patient, son poids, son niveau de mobilité, son confort, son état cutané et la présence éventuelle d’une escarre. Certains patients ont besoin d’un support simple. D’autres nécessitent un matelas plus technique ou un dispositif médical de prévention plus spécifique.

Les coussins anti-escarres peuvent aussi aider les patients en fauteuil roulant. Ils réduisent la pression sur les fesses et le sacrum, deux zones particulièrement exposées. Il faut toutefois choisir le coussin avec l’aide d’un professionnel, car un matériel mal adapté peut créer de nouveaux points de pression.

Comment prévenir les escarres chez un patient alité au quotidien ? La chronique de Jean-Pascal, infirmier libéral

Depuis mes études, dans les années 1980, la gestion et la prévention des escarres occupent une place importante dans le métier d’infirmière comme dans celui d’aide-soignante. Cette pathologie et son mécanisme de survenue sont connus depuis fort longtemps, et il était bien entendu que la prise en charge d’une personne immobile et fragile nécessitait une attention particulière et une prévention assidue. On parle aussi bien de prévention primaire (la mise en décharge, par exemple) que de prévention secondaire (la gestion de la nutrition et de l’hydratation du patient).

Historique du traitement

On avait beau faire, l’escarre restait la plaie la plus fréquente, et souvent la plus difficile à soigner.

Le matelas gaufrier est apparu à la fin des années 1970. À la fin des années 1990, les nouvelles mousses viscoélastiques à mémoire de forme en ont amélioré l’efficacité et le confort. Mais les vraies révolutions ont été les matelas et les coussins à air. Les premiers matelas à air dynamiques fonctionnaient avec de gros compresseurs et étaient bruyants…

Au début des années 2000, la généralisation de ces matelas modernes, à domicile comme en institution, a considérablement réduit la survenue des escarres, notamment chez les personnes âgées alitées.

Le principe des matelas à air à pression alternée repose sur la décharge successive des points d’appui : certaines zones du matelas se gonflent pendant que d’autres se dégonflent, en alternance.

Des surmatelas fonctionnant sur le même principe sont également apparus, avec une efficacité certaine. Les produits d’aide à la posture (PAP), comme les talonnières, ont eux aussi contribué à diminuer le risque d’escarres, en corrigeant les postures et en réduisant les pressions localement.

Définition et postures

Tout d’abord, on dit une escarre :

« C’est une ischémie cutanée provoquée par la compression et le cisaillement des tissus mous entre un plan dur et les saillies osseuses. »

Je ne reviendrai pas sur les différents stades ni sur les traitements. Je souhaite aborder ici deux paramètres importants qu’il nous faut maîtriser pour limiter la survenue des escarres : la posture, et un facteur favorisant que l’on oublie souvent, corollaire de la compression : le cisaillement.

La posture

Le sujet est théorisé et maîtrisé depuis plus de 20 ans au Canada, où les mesures sont exhaustives afin de répondre au plus près aux besoins biomécaniques du patient.

Sans entrer dans la complexité de cette prise en charge, souvent assurée par des ergothérapeutes, il est fondamental d’évaluer et d’adapter la position du patient pour qu’elle induise le moins de pression et le moins de cisaillement possible. Cela vaut en plus des changements de position, quand ils doivent être effectués.

Pression = Poids / Surface

Plus on augmente la surface d’appui, plus la pression diminue.

Quand vous positionnez un patient, demandez-vous toujours si vous pouvez encore augmenter la surface d’appui. Pour la position assise, le schéma suivant est parlant :

Pression

Il en va de même pour la position couchée :

Positions

En ce qui concerne la position couchée idem :

Position allongée

Les contraintes de cisaillement s’ajoutent à la pression et en amplifient les effets, jusqu’à l’ischémie et aux lésions tissulaires.

Le cisaillement peut même être plus dangereux que la pression normale : il réduit ou bloque l’irrigation de larges zones, car il comprime les vaisseaux sanguins, étire les lits capillaires et pince les vaisseaux perpendiculaires à la peau.

On comprend aisément qu’il faut être d’une vigilance extrême dans le positionnement : le moindre oubli (relever les pieds, les jambes ou la tête) peut avoir des conséquences délétères et rapides.

Posture en fauteuil roulant

Pour un fauteuil roulant, l’idéal est un modèle à assise inclinable. En position assise, la personne a naturellement tendance à glisser vers l’avant du siège, à s’affaisser et à présenter une asymétrie de la colonne vertébrale, surtout lorsque sa musculature posturale est très faible, comme chez les personnes âgées.

Si l’on incline uniquement le dossier, la personne glisse vers l’avant et le cisaillement est systématique.

Si l’on incline le siège en même temps que le dossier, le poids de la personne se reporte sur le dossier et l’arrière des jambes. Il est mieux réparti, et la pression sur les ischions diminue.

angle de l'assise

L’équilibre postural dépend donc directement de l’inclinaison de l’assise et du dossier.

Bien entendu, les pieds ne doivent pas être dans le vide (sauf en position semi-allongée) ! Sinon, le poids qui s’exerce sur l’arrière des cuisses est trop important et coupe la circulation sanguine. Si la personne est valide, elle risque même de chuter en se levant, parce que ses muscles ischio-jambiers « endormis » ne répondent plus.

Pour résumer, les patients en fauteuil seront de préférence positionnés avec une légère inclinaison du tronc vers l’arrière, les jambes relevées par le fauteuil lui-même ou par un repose-jambes.

repose pied

Si le dossier n’est pas inclinable, il faut alors une position assise droite, avec les pieds bien posés au sol.

Et enfin, les tétines

Ou plus exactement le coussin à air, en l’occurrence à air statique. Le meilleur confort peut être apporté par la mousse viscoélastique à mémoire de forme, ou par le coussin en nid d’abeille Stimulite de Supracor, plus récent. Mais chaque type de coussin a ses qualités et ses défauts.

Le coussin à air devient indispensable si la personne est fragile (âge, dénutrition, maigreur, fonte musculaire, impossibilité de se tenir debout), ou si, malgré la mémoire de forme, les fesses ou les ischions sont rouges et au bord de l’érosion cutanée.

Vous pouvez le prescrire (« coussin à air statique ») ! Selon les modèles, il est remboursé à 100 %. Il faudra alors définir la hauteur des tétines et la largeur du coussin.

Ces dimensions dépendent bien sûr de la morphologie du patient et du siège sur lequel le coussin est posé. Pour ma part, je confie cette expertise à mon prestataire de matériel habituel, qui se déplace chez le patient et adapte le matériel en fonction de ces paramètres.

Grâce à la souplesse et à l’élasticité du matériau, l’effet tétine augmente la surface de contact et répartit les pressions, ce qui réduit la friction et le cisaillement.

En 1957, alors qu’il travaillait sur un projet hospitalier, l’ingénieur américain Robert H. Graebe découvre ce qu’on appelait alors les « ulcères ischémiques » ou « plaies de pression » chez les patients cloués dans leur fauteuil roulant. Il crée le premier coussin à air en 1971, puis fonde la société ROHO en 1973.

En 2015, ROHO est rachetée par Permobil, société fondée par le médecin suédois Per Udden, pionnier du fauteuil roulant électrique.

Le coussin à air a très vite prouvé son intérêt pour prévenir les escarres. Les cellules télescopiques (ou tétines) ont rapidement montré leur supériorité (étude de David M. Brienza, 2010).

L’avantage immédiat de ces coussins est la quasi-suppression du cisaillement.

Ils apportent aussi de la stabilité, en plus d’une meilleure répartition des pressions : si l’on répartit le poids de façon égale entre les deux ischions, la force exercée sur chacun est divisée par deux !

assise
réglage tétines

Pour bien positionner le patient, tout dépend du type de coussin : à un seul compartiment, ou à plusieurs zones d’air réglables séparément. Les modèles à plusieurs compartiments offrent une meilleure stabilité.

Je choisis en fonction de l’état du patient et de ses moyens financiers, car certains modèles ne sont pas intégralement remboursés.

Quel rôle pour les aidants et les soignants ?

La prévention des escarres repose sur une surveillance collective. L’aide-soignante, l’infirmière, le médecin, le kinésithérapeute, l’aidant familial et le patient participent chacun à leur niveau.

  • ➡️ Les aidants peuvent observer la peau, aider à changer de position, vérifier le confort du patient et signaler rapidement une rougeur persistante. Ils jouent un rôle essentiel, car ils voient souvent le patient au quotidien. Un détail repéré tôt peut éviter l’apparition d’une plaie chronique.
  • ➡️ Les aides-soignantes interviennent souvent lors de la toilette, de l’habillage, du change ou de l’installation au lit. Elles peuvent repérer un changement de couleur, une douleur, une zone chaude ou une rougeur inhabituelle. Elles transmettent ensuite ces informations à l’équipe soignante.
  • ➡️ L’infirmière évalue l’état de la peau, adapte les soins, conseille les produits de soins cutanés et alerte le médecin si nécessaire.
  • ➡️ Le kinésithérapeute peut aider à préserver la mobilité, travailler les changements de position et accompagner la reprise progressive du mouvement lorsque l’état du patient le permet.

Cette coordination évite les retards de prise en charge. Plus une rougeur ou une douleur est signalée tôt, plus il devient possible d’éviter l’aggravation.

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Que faire si une escarre apparaît ?

Si une escarre apparaît malgré les gestes de prévention, il faut supprimer l’appui sur la zone concernée et prévenir rapidement un professionnel de santé. Il ne faut pas appliquer de produit ou de pansement au hasard.

Le traitement des escarres dépend du stade de l’escarre, de sa localisation, de la douleur, de la profondeur de la plaie et de l’état général du patient. Une plaie superficielle ne demande pas la même prise en charge qu’une escarre profonde. Certains pansements, comme les pansements hydrocolloïdes, peuvent convenir dans certaines situations, mais seul un professionnel peut décider du soin adapté.

Les escarres de stade avancé nécessitent parfois une prise en charge spécialisée. Dans les situations les plus graves, une intervention chirurgicale peut devenir nécessaire. La prévention reste donc indispensable pour éviter la formation d’escarres, limiter les douleurs et protéger la qualité de vie du patient.

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FAQ : prévention des escarres chez un patient alité

Quelles sont les solutions pour prévenir les escarres ?

Les principales solutions pour prévenir les escarres reposent sur une surveillance régulière et des gestes simples au quotidien. Il faut changer régulièrement la position du patient, surveiller les zones à risque, maintenir une peau propre et sèche, éviter les frottements, protéger la peau en cas d’incontinence et utiliser un matériel adapté si le risque augmente.

L’alimentation et l’hydratation jouent aussi un rôle important. Une alimentation saine aide la peau et les tissus à rester plus résistants. Une bonne hydratation limite la fragilité cutanée. Enfin, les aidants et les soignants doivent signaler rapidement toute rougeur persistante, douleur inhabituelle ou modification de l’état de la peau.

Comment prévenir les escarres chez un patient alité ?

Pour prévenir les escarres chez un patient alité, il faut éviter les appuis prolongés. Le patient doit changer de position régulièrement, avec l’aide d’un proche ou d’un soignant si nécessaire. Il faut aussi vérifier chaque jour les zones les plus exposées, comme les talons, les fesses, le sacrum, les hanches, les coudes et les omoplates.

La prévention passe également par une bonne installation au lit. Le patient ne doit pas glisser vers le bas, car ce mouvement favorise les forces de cisaillement. Des coussins de positionnement, un matelas anti-escarres ou des protections pour les talons peuvent aider lorsque le risque est élevé. En cas de rougeur persistante, il faut soulager immédiatement l’appui et demander conseil à un professionnel de santé.

Comment positionner correctement une personne alitée pour éviter les escarres ?

Pour positionner correctement une personne alitée, il faut alterner les positions et éviter que le patient repose toujours sur les mêmes points d’appui. La personne peut être installée sur le dos, puis légèrement sur un côté, puis sur l’autre côté, selon son confort et ses capacités. Les coussins de positionnement aident à stabiliser le corps et à limiter les glissements.

Il faut aussi surveiller les talons, car ils restent souvent en contact direct avec le matelas. Une installation adaptée peut soulager cette zone, à condition de ne pas créer une nouvelle pression ailleurs. Le confort du patient reste prioritaire : si une position provoque une douleur, une gêne ou une angoisse, il faut l’adapter.

Quel est le protocole de prévention des escarres ?

Un protocole de prévention des escarres commence par l’évaluation du risque. Le professionnel de santé observe la mobilité du patient, son état nutritionnel, son hydratation, son niveau d’autonomie, ses douleurs, son état cutané et la présence éventuelle d’incontinence.

Ensuite, l’équipe ou les aidants mettent en place des gestes réguliers : inspection quotidienne de la peau, changements de position, utilisation d’un support adapté, hygiène cutanée douce, protection contre l’humidité, surveillance de l’alimentation et alerte en cas de signe précoce. Ce protocole doit évoluer si l’état du patient change. Une baisse de mobilité, une rougeur persistante ou une douleur nouvelle doit conduire à réévaluer rapidement la prévention.

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