Les immobilisations représentent l'un des concepts clés en comptabilité libérale, et vous concernent directement en tant qu’infirmière libérale. Bien gérées, elles vous permettent de payer moins d’impôts, de piloter vos investissements et d’y voir plus clair sur votre patrimoine pro. ➡️ Dans cet article, vous allez voir concrètement ce que sont les immobilisations en libéral, comment les classer, les amortir, et comment les traiter dans votre comptabilité IDEL pour optimiser votre fiscalité.
La définition d'une immobilisation en comptabilité libérale
En comptabilité, une immobilisation est un bien détenu et utilisé par le professionnel pour plus d'un an. On appelle cela les biens immobilisables ou actifs immobilisés. Leur utilisation s'étend au-delà de l'exercice en cours. On distingue trois catégories d'immobilisations :
- Immobilisations Corporelles : Biens physiques (véhicules, équipements médicaux, informatiques...).
- Immobilisations Incorporelles : Biens immatériels, sans substance physique, mais qui ont une valeur pour votre activité : (droit de présentation de patientèle, logiciel métier acheté, licence ou un droit d’utilisation spécifique et durable...).
- Immobilisations Financières : Investissements financiers (titres de participation ou parts dans une société d'exercice si vous exercez en structure, dépôts de garantie...).
👉 Certaines dépenses doivent obligatoirement être immobilisées (matériel spécifique à l'activité, par exemple la table d'examen pour une infirmière libérale).
👉 Tandis que d'autres peuvent être à usage mixte pro/perso (véhicules, ordinateurs, téléphones portables...), influençant leur traitement comptable. Quand il s'agit de biens utilisés professionnellement et personnellement (usage mixte), le professionnel doit choisir entre :
- faire entrer le bien dans son patrimoine professionnel et l'immobiliser ;
- ou faire entrer le bien dans son patrimoine personnel et donc ne pas l'immobiliser et l'amortir.
💡 Comptablement, une immobilisation vous permet de répartir le coût d’un achat important sur plusieurs années, plutôt que de le faire peser en une seule fois sur un exercice. Votre résultat ne s’effondre pas brutalement l’année de l’investissement, et vos comptes restent plus lisibles et plus réguliers. Au final, vos chiffres reflètent beaucoup mieux la réalité économique de votre activité d’IDEL et vous aident à prendre de meilleures décisions (investissements, revenus, cotisations).

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Les biens à immobiliser (ou non) en tant qu’infirmière libérale (IDEL)
Certaines dépenses sont clairement des immobilisations, d’autres non, et certaines peuvent être traitées au choix selon l’usage pro/perso. En tant qu’IDEL, vous devez vous poser deux questions clés :
- Est-ce que ce bien est utilisé plus d’un an dans mon activité ?
- Est-ce qu’il s’agit d’un bien durable et significatif (montant non négligeable) ?
Dépenses obligatoirement immobilisées
Vous devez immobiliser les biens :
- d’un montant significatif (en pratique, on retient souvent le seuil de 500 € HT, mais ce n’est pas une règle absolue : vérifiez avec votre comptable) ;
- utilisés durablement pour votre activité.
Pour vous, IDEL, sont typiquement à immobiliser :
- table d’examen ;
- fauteuil de soins ou mobilier de salle d’attente ;
- mobilier de bureau (armoire, bureau, meuble de rangement) ;
- équipements médicaux : tensiomètre électronique, saturomètre, balance, ECG, matériel de soins spécifique… ;
- équipements informatiques : ordinateur, écran, imprimante de valeur ;
- droit de présentation de patientèle en cas de rachat ;
- véhicule professionnel si vous choisissez de le faire entrer dans votre patrimoine professionnel.
👉 Ces immobilisations doivent figurer dans votre registre des immobilisations (ou au bilan si vous tenez une comptabilité d’engagement).
Biens à usage mixte pro / perso
Pour certains biens, vous les utilisez à la fois pour vos tournées + votre gestion pro et dans votre vie personnelle. C’est le cas, par exemple de votre véhicule, votre ordinateur et votre téléphon !
Dans ce cas, vous avez un choix fiscal :
- Patrimoine professionnel : vous faites entrer le bien dans votre patrimoine professionnel, vous l’immobilisez, et vous l’amortissez.
Ensuite, vous appliquez un coefficient d’usage pro (par exemple 70 % pro / 30 % perso) pour déduire seulement la partie professionnelle. - Patrimoine personnel : vous laissez le bien dans votre patrimoine personnel, vous ne l’immobilisez pas, et vous ne l’amortissez pas. En contrepartie, vous déduisez forfaitairement ou au réel certaines dépenses (indemnités kilométriques pour votre voiture personnelle, par exemple).
Ce choix peut avoir un impact important sur votre résultat fiscal (et donc votre impôt) et votre plus-value en cas de revente (surtout pour le véhicule et la patientèle).
👉 Ne faites pas ce choix à la légère : parlez-en avec votre conseiller comptable, surtout pour le véhicule et la patientèle, qui sont des points très regardés en cas de contrôle.
Immobilisation ou charge : où est la frontière ?
Concrètement, vous devez immobiliser un bien lorsque :
- il est utilisé plus d’un an ;
- il est durable ;
- son montant est significatif.
À l’inverse, vous pouvez passer en charges (et donc déduire immédiatement 100 % de la dépense) :
- le petit matériel médical consommable ;
- le mobilier ou équipement de faible valeur (en-dessous d’un certain seuil, par exemple 500 € HT, selon la tolérance admise) ;
- les dépenses récurrentes : carburant, assurance, fournitures de bureau, etc.
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L’impact des immobilisations sur votre fiscalité d’infirmière libérale
L’un des grands intérêts des immobilisations en libéral est la possibilité de déduire chaque année une partie de leur coût grâce à l’amortissement. Au lieu de passer en charge l’intégralité du prix l’année de l’achat, vous étalez la dépense sur la durée normale d’utilisation du bien.
🔎 Prenons un exemple très concret : vous achetez une table d’examen pour 1 000 € HT. Vous estimez pouvoir l’utiliser pendant cinq ans. Plutôt que de déduire 1 000 € en une seule fois l’année de l’achat, vous allez immobiliser cette table et pratiquer un amortissement linéaire, par exemple 200 € par an sur cinq ans. Chaque année, ces 200 € viennent en déduction de votre résultat professionnel. Ce principe vaut pour la plupart de vos immobilisations : matériel informatique, mobilier, véhicule professionnel, rachat de patientèle (avec des durées et des règles spécifiques).
Pour chaque immobilisation, vous devez déterminer trois éléments : sa valeur d’origine (prix d’achat et frais nécessaires à sa mise en service), sa durée d’utilisation probable et le mode d’amortissement, le plus souvent linéaire en BNC. Par exemple, le matériel informatique est souvent amorti sur trois ans, le mobilier sur cinq à dix ans, la table d’examen sur cinq à sept ans, un véhicule sur quatre à cinq ans. Ces durées restent indicatives ; elles doivent être cohérentes avec l’usage réel et validées par un professionnel.
Ce mécanisme d’amortissement permet de mieux coller à la réalité économique : vous ne « surchargez » pas une seule année avec un gros achat, vous répartissez la dépense au fur et à mesure que vous utilisez le bien. Vous y voyez plus clair sur vos investissements, et vous améliorez la lisibilité de votre résultat d’IDEL d’une année sur l’autre.
Le bilan comptable et le registre des immobilisations
Aborder la notion d'immobilisation en comptabilité nécessite une compréhension des documents clés dans lesquels elles sont répertoriées, notamment le bilan comptable et le registre des immobilisations.
📄 Le bilan comptable
Le bilan comptable est un document comptable obligatoire pour les entreprises, reflétant leur patrimoine à un moment donné. Il se compose de deux volets fondamentaux : l'actif et le passif, devant impérativement s'équilibrer. La somme de l'actif doit être égale à celle du passif.
Le passif du bilan comptable
Le passif du bilan comptable dresse un inventaire des ressources financières de l'entreprise, comprenant à la fois les capitaux propres et les dettes. Il se divise en trois sous-sections :
- Les capitaux propres : ceux-ci incluent le capital social (fonds initiaux des associés), les réserves (bénéfices non distribués) et le résultat net (différence entre produits et charges de l'exercice).
- Les provisions pour risques et charges : elles représentent des passifs potentiels, estimables et probables, comme des charges futures.
- Les dettes de l'entreprise : elles se catégorisent en dettes à court terme (moins d'un an), dettes à moyen-long terme (emprunts) et dettes d’exploitation (fournisseurs, TVA, salaires, etc.).
L'actif du bilan comptable
L'actif illustre l'ensemble des biens et droits de l'entreprise. Il est organisé selon un ordre croissant de liquidité. Pour être comptabilisé, un actif doit être identifiable, apporter un avantage économique, être contrôlé par l'entreprise, et évaluable de façon fiable. Les actifs se divisent en actif immobilisé et actif circulant.
- Actif immobilisé : il regroupe les biens de nature durable, conçus pour être utilisés sur un moyen à long terme (plus d'un an). Ces actifs, dont l'entreprise est propriétaire, sont essentiels à ses opérations quotidiennes. Ils incluent, entre autres, les immobilisations corporelles, comme le local, le mobilier de bureau, ou les équipements informatiques ; les immobilisations incorporelles telles que les brevets et les licences ; et les immobilisations financières, comme les investissements à long terme.
- Actif circulant : à l'opposé, l'actif circulant regroupe les éléments qui ont une durée de vie plus courte au sein du patrimoine de l'entreprise, ou qui sont destinés à être transformés ou consommés. Cela inclut les stocks (qui se transforment en produits finis), les créances (qui se convertissent en liquidités), ainsi que la trésorerie, utilisée soit pour des réinvestissements, soit pour couvrir des besoins immédiats tels qu'une réparation d'urgence.
📄 Le registre des immobilisations
Le registre des immobilisations est une version allégée du bilan comptable, destinée aux professionnels libéraux sous le régime de la déclaration contrôlée en BNC. Il exclut les professionnels en micro-BNC. Ce registre se concentre exclusivement sur l'actif immobilisé de l'entreprise, c'est-à-dire les biens durables dont elle est propriétaire. Les informations clés enregistrées dans ce registre comprennent :
- Date d’acquisition : le moment précis où l'entreprise a acquis le bien, marquant le début de son utilisation et de son amortissement.
- Nature de l’immobilisation : une description détaillée du bien, identifiant s'il s'agit d'une immobilisation corporelle, incorporelle ou financière.
- Prix d'acquisition : le coût total du bien au moment de son achat, incluant toutes les dépenses associées nécessaires à sa mise en service.
- Détails des amortissements : un historique annuel des amortissements appliqués sur le bien depuis son acquisition, reflétant la répartition de son coût sur sa durée de vie utile.
- Date de cession : si applicable, la date à laquelle l'entreprise a cédé le bien, marquant la fin de son utilisation et de son amortissement.
- Prix de cession : le montant pour lequel le bien a été cédé, si applicable.
Les erreurs fréquentes des IDEL en matière d'immobilisations
Dans la pratique, beaucoup d’infirmières libérales font les mêmes erreurs avec leurs immobilisations. Vous pouvez les éviter si vous les connaissez.
- 1️⃣ La première erreur consiste à ne pas immobiliser des biens qui devraient l’être, par exemple un ordinateur à plus de 1 000 €, une table d’examen ou un fauteuil de soin de valeur, du matériel médical coûteux. Ces biens sont parfois passés en charges directement, ce qui ne respecte pas les règles et peut poser problème en cas de contrôle.
- 2️⃣ La deuxième erreur est d’oublier de « sortir » une immobilisation lorsque vous la vendez ou que vous ne l’utilisez plus. Vous cédez par exemple votre ancien véhicule ou votre ancienne table d’examen, vous encaissez le prix, mais vous ne renseignez ni la date de cession ni le prix dans votre registre. Or, cela empêche de calculer correctement la plus-value professionnelle éventuelle et fausse votre suivi patrimonial.
- 3️⃣ Troisième erreur fréquente : mal gérer l’usage mixte, notamment pour le véhicule. Certains IDEL déclarent leur voiture comme 100 % professionnelle alors qu’elle est largement utilisée à titre privé, ou, à l’inverse, restent en véhicule personnel avec indemnités kilométriques alors qu’un véhicule professionnel amorti serait plus intéressant. Ce genre de choix doit être réfléchi à moyen terme, car il influe aussi sur le traitement fiscal le jour où vous revendez le véhicule ou cessez votre activité.
- 4️⃣ Quatrième erreur : ne pas mettre à jour le registre des immobilisations. Des achats de matériel sont effectués, mais jamais inscrits. Les amortissements ne sont pas recalculés d’une année sur l’autre. Les sorties de biens ne sont pas renseignées. Résultat : votre registre ne reflète plus du tout la réalité, ce qui vous fragilise en cas de contrôle et vous prive d’une vision fiable de vos investissements.
- 5️⃣ Enfin, cinquème erreur : beaucoup d’IDEL sous-estiment l’impact des immobilisations en libéral sur leur fiscalité globale. Un amortissement mal calculé ou oublié, une cession mal traitée, un mauvais choix sur un véhicule ou sur la patientèle peuvent peser directement sur votre impôt et vos cotisations sociales.
L’organisation concrète des immobilisations en activité libérale
Pour rester sereine avec vos immobilisations en tant qu’IDEL, l’essentiel est de recenser vos biens durables, de décider s’ils doivent être immobilisés ou passés en charges, puis de tenir à jour votre registre des immobilisations (date d’achat, prix, durée, amortissement, cession).
Les immobilisations en libéral sont un sujet technique, mais aussi un vrai levier d’optimisation pour votre activité. Si vous ne voulez pas gérer cela seule, le service Horizon Compta Expert peut vous accompagner bien au‑delà d’une simple tenue comptable. Vous bénéficiez :
- De vos déclarations professionnelles (2035, DAS2…) et personnelles (2042) établies et certifiées par un expert‑comptable.
- D’une optimisation de vos revenus pour vous permettre de les augmenter, avec une anticipation de vos cotisations sociales pour éviter les mauvaises surprises.
- D’un conseiller comptable dédié qui vous suit personnellement : rendez‑vous d’optimisation, choix d’investissement, arbitrages véhicule/patientèle, gestion de vos immobilisations en libéral, etc.
L’objectif : vous laisser vous concentrer sur vos patients, tout en sécurisant et en optimisant votre comptabilité d’IDEL, y compris la gestion de vos immobilisations.




