
Vous êtes de plus en plus nombreuses à laisser la voiture au garage pour faire votre tournée en mode doux. Vélo, vélo électrique ou trottinette : certaines d’entre vous y ont trouvé une vraie alternative, plus rapide en ville et bien plus simple pour se garer. Est-ce vraiment faisable au quotidien, comment vous organiser et pourquoi sauter le pas ? Sept consoeurs et confrères qui ont fait ce choix vous racontent leur organisation, leurs astuces et les limites qu’ils ont rencontrées.
Pourquoi de plus en plus d’infirmières libérales font leur tournée à vélo ou à trottinette ?
Lors d’un sondage mené sur notre compte Instagram en 2022, 13 infirmières libérales sur 160 (8 %) faisaient leur tournée à vélo ou à trottinette, contre 148 en voiture. Une minorité, mais une minorité convaincue, et les raisons de franchir le pas se sont plutôt renforcées depuis.
Le premier argument avancé par les infirmières qui ont franchi le pas, c’est le temps. En ville, la voiture fait perdre de longues minutes entre les bouchons, les sens uniques et surtout la recherche d’une place. À vélo ou à trottinette, vous empruntez les pistes cyclables et vous vous garez au pied de l’immeuble du patient. Sur une tournée de quinze ou vingt passages, ce gain s’additionne vite.
Vient ensuite le budget. Carburant, stationnement payant, amendes, entretien et usure d’un véhicule qui fait des milliers de petits trajets par an : le poste voiture pèse lourd dans les charges d’une IDEL. Un vélo électrique se recharge pour quelques centimes et son entretien reste modeste.
Plusieurs infirmières évoquent aussi un bénéfice plus personnel : moins de stress au volant, une activité physique intégrée à la journée et le plaisir d’être dehors. Côté patients, l’accueil est souvent bon, certains apprécient de voir arriver leur infirmière à vélo.
Le tableau n’est pas idyllique pour autant. La météo, la fatigue physique sur plusieurs jours consécutifs et la logistique du matériel sont les trois difficultés qui reviennent le plus. Nous y revenons en détail ci-dessous.
Pour quel type de tournée le deux-roues est-il vraiment adapté ?
Tout dépend de votre secteur. Le deux-roues donne sa pleine mesure en centre-ville et en première couronne, là où la voiture est la plus pénalisée. En zone semi-rurale, il reste jouable avec un vélo électrique si vos patients sont regroupés et si le dénivelé reste raisonnable. En zone rurale avec des patients dispersés sur plusieurs communes, la voiture reste le plus souvent incontournable, quitte à combiner les deux.
| Votre secteur | Engin conseillé | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Centre-ville dense | Vélo, vélo électrique ou trottinette électrique | Vol, stationnement sécurisé |
| Ville et périphérie | Vélo électrique | Autonomie de la batterie |
| Semi-rural, patients regroupés | Vélo électrique | Vent, dénivelé, météo |
| Rural, patients dispersés | Voiture, éventuellement en complément | Temps de trajet, sécurité routière |
La nature des soins compte aussi. Une tournée composée surtout de prises de sang, d’injections, de pansements simples et de surveillance se prête bien au deux-roues. Si vous devez transporter du matériel encombrant (perfusions, nutrition, pansements complexes en quantité), anticipez un réassort au cabinet en milieu de tournée.
💡 Beaucoup d’infirmières adoptent une formule hybride : deux-roues en semaine sur le secteur urbain, voiture pour les patients éloignés, les jours de forte pluie ou les week-ends chargés.
Vélo classique, vélo électrique ou trottinette électrique : lequel choisir ?
- Le vélo classique est le plus économique et ne demande aucune recharge. Il convient aux petites distances sur terrain plat, mais la fatigue s’accumule vite sur une tournée longue ou répétée plusieurs jours de suite.
- Le vélo à assistance électrique (VAE) est le choix le plus fréquent chez les infirmières qui roulent au quotidien. L’assistance, limitée à 25 km/h, efface les côtes et le vent, et vous arrivez chez le patient sans être essoufflée. Il accepte paniers et sacoches, ce qui simplifie le transport du matériel.
- La trottinette électrique est la plus compacte. Elle se plie, se porte dans une cage d’escalier et se range dans une entrée. En contrepartie, elle supporte mal les chaussées dégradées, offre moins de stabilité sous la pluie et impose de tout porter sur le dos. Elle est surtout adaptée aux tournées urbaines courtes.
| Critère | Vélo classique | Vélo électrique | Trottinette électrique |
|---|---|---|---|
| Effort physique | Élevé | Faible à modéré | Faible |
| Transport du matériel | Paniers, sacoches | Paniers, sacoches, sac à dos | Sac à dos uniquement |
| Escaliers, immeubles sans ascenseur | Difficile | Difficile (poids) | Possible si pliable |
| Recharge | Aucune | Batterie, souvent amovible | Batterie, chargeur à prévoir |
| Assurance | Conseillée | Conseillée | Obligatoire |
Pour un VAE, privilégiez une batterie amovible (vous la rechargez au cabinet ou chez vous), un cadre ouvert pour monter et descendre facilement des dizaines de fois par jour, et des pneus renforcés anti-crevaison.
Comment transporter son matériel de soins à vélo ou à trottinette ?
C’est la question pratique numéro un. La mallette rigide classique, pensée pour le coffre d’une voiture, s’adapte mal au deux-roues. La plupart des infirmières témoins sont passées au sac à dos : sac médical à compartiments, sac de secouriste ou simplement grand sac à dos robuste. À vélo, paniers avant et arrière et sacoches latérales permettent de soulager le dos et de séparer le matériel.
Quelques règles d’organisation facilitent la tournée :
- séparer le propre et le sale avec des pochettes ou des compartiments distincts et lavables ;
- emporter une housse de pluie pour le sac et une pochette étanche pour les documents ;
- prévoir une pochette isotherme pour les produits qui craignent la chaleur ou doivent rester au frais (vaccins, insulines selon les consignes de conservation) ;
- préparer deux kits distincts pour la tournée du matin et celle du soir, plutôt que de tout transporter toute la journée.
⚠️ Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) que vous rapportez doivent rester dans des emballages homologués, fermés et bien calés, quel que soit votre moyen de transport. Ne les laissez jamais dans un panier ouvert.
💡 Dématérialiser une partie de vos documents (ordonnances, fiches patients, facturation) allège le sac et évite de transporter des dossiers papier sous la pluie.
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Quelles règles et quels équipements de sécurité faut-il prévoir ?
À vélo, le Code de la route impose deux freins, une sonnette, un éclairage avant et arrière et des catadioptres. Hors agglomération, la nuit ou par mauvaise visibilité, le gilet rétroréfléchissant est obligatoire. Le casque n’est obligatoire que pour les enfants de moins de 12 ans, mais il est vivement recommandé pour une professionnelle qui roule tous les jours.
La trottinette électrique, classée parmi les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), obéit à des règles plus strictes :
- vitesse limitée à 25 km/h par construction, voire moins si la commune l’impose ;
- circulation sur les pistes et bandes cyclables quand elles existent, interdiction de rouler sur le trottoir ;
- freins, feux avant et arrière, catadioptres et avertisseur sonore obligatoires ;
- vêtement ou accessoire rétroréfléchissant obligatoire la nuit ou par faible visibilité ;
- interdiction de porter des écouteurs ou de tenir son téléphone en main.
⚠️ Rouler sur le trottoir, avec des écouteurs ou sur un engin débridé expose à une amende forfaitaire de 135 €.
Pensez enfin au vol, qui inquiète beaucoup d’infirmières. Un antivol en U de bonne qualité, l’habitude de rentrer l’engin dans le hall quand c’est possible et le marquage du vélo (obligatoire pour les vélos neufs vendus par un professionnel) limitent les risques.
Faut-il une assurance spécifique pour faire sa tournée en deux-roues ?
Pour la trottinette électrique, la réponse est oui. Comme tout véhicule à moteur, elle doit être couverte par une assurance de responsabilité civile spécifique. Votre responsabilité civile habituelle et votre RCP d’infirmière ne couvrent pas les dommages que vous causeriez en circulant.
Pour le vélo électrique classique (assistance jusqu’à 25 km/h, moteur de 250 W maximum), l’assurance n’est pas obligatoire, mais elle reste fortement conseillée, notamment contre le vol et pour les dommages causés à un tiers. Dans tous les cas, signalez à votre assureur que vous utilisez l’engin pour votre activité professionnelle : un usage pro non déclaré peut poser problème en cas de sinistre.
Reste la question de votre propre protection. Une chute en tournée peut vous arrêter plusieurs semaines. Depuis 2021, l’Assurance Maladie verse des indemnités journalières aux infirmières libérales pendant les 90 premiers jours d’arrêt, puis la CARPIMKO prend le relais à partir du 91e jour. Ces montants restent souvent inférieurs à vos revenus réels et ne couvrent pas vos charges de cabinet.
Vos IFD et IK sont-elles concernées si vous ne prenez plus la voiture ?
Les indemnités de déplacement prévues par la NGAP rémunèrent votre déplacement au domicile du patient, pas le véhicule utilisé. Passer au vélo ou à la trottinette ne change donc rien à votre facturation.
L’IFD de 2,75 € reste due pour chaque déplacement à domicile, dans les conditions habituelles. Les IK (0,35 € par kilomètre en plaine, 0,50 € en montagne) s’appliquent toujours selon les mêmes règles : patient situé hors de votre agglomération, distance minimale et abattement. En pratique, une tournée urbaine à vélo génère rarement des IK, mais ce n’est pas lié au mode de transport.
⚠️ Comme pour toute tournée, conservez une trace de vos déplacements (logiciel, feuille de route, GPS). En cas de doute sur un cas particulier, rapprochez-vous de votre CPAM.
Pour le détail des montants et des cas de cumul, consultez notre article sur les indemnités de déplacement IFD et IK des infirmières libérales.
Peut-on déduire les frais de son vélo ou de sa trottinette ?
Oui, à condition d’être à la déclaration contrôlée (BNC) et de pouvoir justifier vos dépenses. L’achat, l’entretien, les réparations, l’assurance, l’antivol, les sacoches ou la part professionnelle de la recharge sont des frais professionnels. Un équipement de faible valeur (moins de 500 € HT) peut être déduit l’année de l’achat, au-delà il s’amortit sur plusieurs années.
⚠️ Le barème kilométrique fiscal, que vous utilisez peut-être pour votre voiture, ne s’applique pas au vélo électrique. Une réponse ministérielle du 26 avril 2022 l’a confirmé : un VAE n’étant pas un deux-roues motorisé au sens du Code de la route, ses frais se déduisent uniquement pour leur montant réel. Gardez donc toutes vos factures.
Côté aides à l’achat, le bonus vélo national et la prime à la conversion ont été supprimés en février 2025. Certaines régions, métropoles et communes maintiennent leurs propres aides, avec des conditions variables (achat chez un professionnel, durée de détention minimale, parfois conditions de ressources). Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre collectivité avant d’acheter.
💡 Si vous combinez voiture et deux-roues, le choix entre barème kilométrique et frais réels mérite d’être étudié au cas par cas. C’est typiquement le genre d’arbitrage qu’un service de comptabilité spécialisé dans les infirmières libérales, comme Horizon Compta Expert, peut chiffrer pour vous.
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Comment organiser sa tournée pour rouler moins et mieux ?
À vélo ou à trottinette, chaque détour se ressent dans les jambes et sur la batterie. La sectorisation devient donc essentielle : regroupez vos patients par quartier et par créneau horaire, et construisez votre tournée en boucle pour revenir près du cabinet en fin de parcours. Prévoyez aussi un plan B pour les jours de forte pluie, de neige ou de canicule, qu’il s’agisse d’une voiture de secours ou d’un arrangement avec une collègue du cabinet.
Pensez à l’autonomie : un chargeur dans le sac ou une batterie de rechange évite la panne en fin de tournée. Et gardez en tête qu’un oubli de matériel coûte plus cher en deux-roues, puisqu’il impose un aller-retour.
Pour aller plus loin sur les itinéraires et le planning, retrouvez nos conseils pour optimiser votre tournée d’infirmière libérale.
Que disent les infirmières libérales qui ont franchi le pas ?
Sept infirmières et infirmiers libéraux nous ont raconté leur quotidien en deux-roues. Leurs retours montrent qu’il n’existe pas une seule bonne façon de faire, mais quelques constantes : le sac à dos plutôt que la mallette, le regroupement des patients et une vraie lucidité sur la météo.
Mégane, IDEL à Bordeaux :
« Je fais ma tournée à vélo, car je suis en plein centre-ville et qu’il est quasiment impossible de se garer ou alors je perdrais trop de temps. En vélo, ça va beaucoup plus vite. Je parcours autour de 30km par jour avec mon sac à dos qui me sert de mallette infirmière.
J’aime beaucoup travailler en vélo, j’ai moins de stress (pour se garer, les bouchons etc.)
Les inconvénients sont la météo (canicule ou pluie) et c’est quand même physique même avec un vélo électrique. Le 3ème jour, je suis souvent épuisée. »
Justine, IDEL au Conquet :
« Je parcours entre 20-30km par tournée. Je suis dans une zone semi-rurale (ville et campagne). Nous n’avons pas un gros périmètre d’activité donc cela aide forcément. J’ai un vélo électrique (batterie centrale, c’est le top car c’est moins lourd sur le porte-bagage et ça dure plus longtemps en charge). J’ai un panier avant ou je mets les petites choses que je transporte toujours avec moi et j’ai un panier arrière ou je mets ma mallette protégée d’un couvre panier pour la pluie. J’ai aussi deux pochettes sur les côtés pour les pochettes patients, + manteau pluie et gourde. On dirait que je pars faire le tour du monde à vélo, mais au moins, j’ai tout sous la main !J’essaye d’organiser ma tournée afin de regrouper au maximum les patients qui habitent dans le même coin pour éviter de faire des allers-retours. J’ai choisi ce mode de transport pour plusieurs raisons : c’est écologique, ça apporte de la détente durant les tournées, ça fait une activité sportive, c’est ultra-pratique pour se garer (je ne cherche pas des heures à trouver la place qui n’existe pas !). Et il faut dire que, depuis quelques semaines, c’est quand même plutôt rentable vu le prix du carburant. Autre point auquel je n’avais pas pensé avant de me lancer : les patients sont fiers de voir leur infirmière venir à vélo, ils trouvent cela plaisant et courageux.Pour le moment, je fais les tournées essentiellement quand il fait beau, mais je commence aussi à le faire quand il y a une pluie fine. Je range le vélo lorsqu’il y a du vent. Pour débuter j’ai commencé un dimanche, car je n’avais pas de prise de sang, les patients sont moins regardants sur l’heure, donc j’étais plus cool. Et puis progressivement, j’ai pris mes marques et j’ai continué à faire les autres jours. Le tout progressivement car il faut quand même que cela reste un plaisir.Mes collègues pensent me suivre, mais elles ont peur des vols. Nous sommes dans une petite commune très tranquille et j’ai mis mon caducée sur le vélo, je ne laisse rien de valeur dans le vélo et je l’attache ou le rentre chez les patients. Pour le moment, on croise les doigts, je n’ai pas eu de soucis ! »
Sixtine, IDEL à Lyon :
« Je fais ma tournée à vélo, en général environ 10 ou 12 kilomètres par jour. Je suis en ville sur Lyon en milieu urbain. J’ai donc choisi ce moyen de transport pour éviter les bouchons et éviter d’avoir à se garer !En plus, notre maire est écologiste et a fait beaucoup de pistes cyclables. Du coup j’ai troqué ma mallette infirmière par un gros sac a dos. Car les mallettes ont souvent des scratchs qui lâchaient pendant le trajet. »
Ludovic, IDEL à Puteaux :
« Pour ma tournée, je fais 40km de vélo par jour environ et j’ai un sac à dos de secouriste. Puteaux est une ville à côté de La Défense donc il y a énormément de voitures et de sens interdits. Je gagne un temps fou par rapport à mes collègues Et ça fait les cuisses ! »
Déborah, IDEL à Perpignan :
« Je suis plus ou moins en milieu rural (centre de Perpignan) et ils ont toujours la bonne idée de faire des travaux dès que les beaux jours arrivent ! Alors la voiture ça devient infernal. Entre les places qui sont toutes payantes dans le centre et les détours à cause des travaux, mon choix a été vite fait… J’ai donc opté pour la trottinette avec un sac à dos. Ça me demande une certaine organisation. Je prévois tout le matériel dont j’ai besoin pour le matin puis pendant la pause, je m’organise pour le matériel du soir.En moyenne je dois faire 20 km avec ma trottinette. Le bonus, c’est le gain de temps assuré et l’économie d’essence qui n’est pas négligeable en ce moment. »
Laury, IDEL à Lyon :
« Je fais ma tournée à trottinette électrique ! J’exerce en plein centre de Lyon et je fais entre 20 et 30 km en comptant les allers-retours matin et soir chez moi. J’ai un sac à dos exprès pour le matériel médical que je prends avec moi durant la tournée.
J’ai choisi ce mode de transport parce que je n’ai pas de voiture. Je n’ai pas voulu en prendre une car c’est assez difficile de se garer en ville et que je n’aime pas conduire…
J’ai commencé par une trottinette non électrique mais mes jambes commençaient à souffrir donc je suis passée à l’électrique ce qui est vraiment pratique à part quand il n’y pas d’ascenseur dans les immeubles ! Dans ce cas là je la monte à l’épaule ou si je peux l’attacher je le fais. »
Vanessa, IDEL à Paris :
« Faire sa tournée à trottinette, c’est un gain de temps énorme : pas de bouchon, pas de place à chercher… Pour m’organiser, j’ai un sac à dos à la place d’une mallette qui me suffit pour le matériel. Je définis bien à l’avance ma tournée et je regroupe aux mêmes horaires les soins à proximité. J’ai une autonomie à respecter avec la trottinette électrique donc pour pouvoir faire toute la tournée, je prends en plus mon chargeur au cas où.
La trottinette, c’est à la fois un avantage dans le sens où la tournée est très fluide et à la fois un inconvénient, car la moindre absence d’un patient peut être problématique si je dois y retourner à son retour. Et puis un autre inconvénient : c’est vraiment dur les jours de pluies et de neige ! »
Merci encore à Mégane, Justine, Sixtine, Ludovic, Déborah, Laury et Vanessa pour leurs témoignages sur les tournées à trottinette ou à vélo !
Alors, vous ont-ils motivé à faire votre tournée autrement qu’en voiture ? Partagez-nous vous aussi vos expériences en commentaire !





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