La “Zone Franche Urbaine (ZFU)” fait encore partie des requêtes les plus tapées par les infirmières libérales qui cherchent à payer moins d’impôts… sauf qu’en pratique, la ZFU n’existe plus sous ce nom. Aujourd’hui, le dispositif correspond aux QPV (Quartiers prioritaires de la politique de la ville). Et côté rural, les anciennes ZRR ont, elles aussi, changé d’étiquette pour devenir les ZFRR (Zones France Ruralités Revitalisation). Le principe, lui, reste attractif : dans ces zones, une IDEL peut bénéficier d’une exonération d’impôt sur ses bénéfices (totale puis dégressive), sous conditions (notamment 25 % de recettes dans la zone du QPV). ⚠️ Mais l’avantage fiscal a une contrepartie de plus en plus importante : la “clause de fidélité”. Depuis la Loi de finances pour 2026, l’obligation de maintien dans la zone a été renforcée. Avant de vous installer (ou de déménager), mieux vaut donc comprendre précisément la durée d’engagement pour éviter toute mauvaise surprise.
En résumé
- La “Zone Franche Urbaine (ZFU)” n’est plus le nom du dispositif : aujourd’hui, on parle de QPV/QPPV, et il faut vérifier le périmètre exact (à l’adresse près), pas seulement la commune.
- En QPV, une IDEL peut bénéficier d’une exonération d’impôt sur les bénéfices sur 8 ans (5 ans à 100 %, puis 60 %, 40 % et 20 %), à condition notamment de réaliser au moins 25 % de ses recettes dans la zone.
- En ZFRR, une IDEL peut profiter d'une exonération d'impôt sur les bénéfices sur 8 ans (100% pendant 5 ans, puis 75%, 50% et 25%).
- Depuis la Loi de finances 2026, la clause de fidélité impose un maintien dans la zone jusqu’à la fin de la 5e année suivant la dernière année d'exonération.
Qu’est-ce qu’une Zone Franche Urbaine (ZFU) ?
Une Zone Franche Urbaine (ZFU), selon l’INSEE, est un quartier de plus de 10 000 habitants répondant à des critères socio-économiques spécifiques : taux de chômage élevé, proportion importante de jeunes et de personnes non diplômées, ainsi qu’un faible potentiel fiscal. Ces zones, souvent considérées comme peu attractives, visent à être dynamisées grâce à des dispositifs encourageant l’implantation d’entreprises et d’activités économiques.
⚠️ Les ZFU-TE remplacées par les QPV (ou QPPV) : Quartiers Prioritaire de la Politique de la Ville
Dans le langage courant, on continue de parler de ZFU (Zone Franche Urbaine). Pourtant, le dispositif “ZFU-TE” a été remplacé : aujourd’hui, l’équivalent opérationnel est le QPV (Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville), parfois appelé QPPV. 👉 En clair : si vous cherchez “Zone Franche Urbaine” pour votre installation IDEL, vous devez vérifier si votre adresse (cabinet/siège) se situe dans le QPV.
Un QPV (Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville) est un quartier identifié par l’État comme prioritaire au regard de critères socio-économiques. L’objectif est de favoriser l’implantation durable d’activités et de services (dont les soins), notamment via des dispositifs d’allègement fiscal.
Pour une infirmière libérale, l’intérêt principal est l’accès, sous conditions, à une exonération d’impôt sur les bénéfices comparable à ce que permettait l’ancienne Zone Franche Urbaine (ZFU).

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Comment vérifier si ma commune est en Zone Franche Urbaine (aujourd’hui QPV) ?
Pour savoir si une adresse est en ZFU/QPV, il y a un site officiel avec une carte interactive (quand elle veut bien être interactive, mais ça marche pas mal !) : https://sig.ville.gouv.fr/
La bonne question n’est pas seulement “ma commune”, mais mon adresse exacte : un QPV est un périmètre géographique précis à l’intérieur d’une ville. Une commune peut contenir un QPV… et la rue d’à côté peut en être exclue.
Pour savoir si une adresse est en ZFU/QPV, il existe un site officiel avec une carte interactive : SIG Politique de la Ville.
- Chercher le quartier prioritaire (QPV) et son périmètre Pour vérifier :
- identifiez le nom du QPV (quand il existe) ;
- vérifiez le périmètre géographique exact (cartographie). Bon réflexe : faites la vérification à partir de l’adresse du cabinet (ou du siège d’activité) et pas seulement du code postal.
- Conserver une preuve de zonage. Une fois le périmètre confirmé :
- imprimez / archivez la carte ou la page officielle,
- conservez la preuve dans votre dossier (bail, création, transfert). Pourquoi ? Parce que les périmètres peuvent évoluer et, en cas de contrôle, il faut pouvoir justifier sur quoi vous vous êtes appuyée.
- “Sensible ou défavorisé” : attention aux raccourcis ! On confond souvent :
- “quartier populaire”,
- “zone sensible” (terme courant),
- “quartier prioritaire” (statut administratif),
- et “ZFU” (ancien dispositif).
Seul le classement officiel (QPV) permet d’ouvrir les droits. L’impression “le quartier est défavorisé” ne suffit pas.
Comment s’installer dans un Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville (QPV) ?
S’installer dans un QPV (Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville) suppose d’être réellement implantée et réellement active dans le périmètre : l’administration attend un ancrage matériel concret (un cabinet/local dans la zone ou, à défaut, un justificatif d’occupation cohérent comme un bail professionnel ou une mise à disposition) afin d’éviter les installations purement “sur le papier”. Pour une IDEL, la réalité de l’exercice se mesure ensuite dans l’activité effectivement réalisée dans le quartier (patientèle, organisation des tournées), avec un point de vigilance majeur : la part de recettes générée dans la zone doit être cohérente et justifiable. Enfin, il est essentiel de fixer correctement le début d’activité (création, reprise ou transfert), car une date mal déclarée peut fausser le décompte des années d’exonération et compliquer l’application des règles de maintien dans la zone.
Quels sont les avantages fiscaux dans un QPV ?
Pour une infirmière libérale, l’intérêt principal de s’installer dans un QPV/QPPV est une exonération d’impôt sur les bénéfices (et pas une prime ou une aide directe), à condition de respecter des règles de fond et de forme.
Une exonération d’impôt sur vos bénéfices, sur 8 ans
En 2026, si vous installez votre cabinet et exercez dans un QPV, vous pouvez bénéficier d’une exonération d’impôts qui s’applique sur le bénéfice (BNC) issu de l’activité, selon le barème suivant :
- 100 % d’exonération pendant 5 ans ;
- 60 % la 6e année ;
- 40 % la 7e année ;
- 20 % la 8e année.
L’objectif est clair : vous donner un avantage fiscal fort au démarrage, puis une sortie progressive.
📌 Important : on parle bien d’impôt sur le revenu (via votre bénéfice BNC), pas d’une baisse automatique des cotisations (URSSAF/CARPIMKO) ni d’une exonération de CFE “par défaut” (ce sont d’autres sujets, avec d’autres règles).
Ce que ça change concrètement : exemple simple
Imaginons un bénéfice annuel stable de 50 000 €.
- Années 1 à 5 : 0 € de bénéfice imposable au titre de ce dispositif (exonération 100 %)
- Année 6 : 20 000 € imposables (car 60 % exonérés → 40 % imposables)
- Année 7 : 30 000 € imposables (40 % exonérés → 60 % imposables)
- Année 8 : 40 000 € imposables (20 % exonérés → 80 % imposables)
Le gain réel dépend de votre tranche marginale d’imposition, de votre foyer fiscal et du niveau exact de bénéfice.
Quels sont les critères d’éligibilité pour bénéficier de l’exonération QPV ?
⚠️ Pour bénéficier de l’exonération dans un QPV, une IDEL doit notamment réaliser au moins 25 % de ses recettes dans le périmètre de la zone. Et c’est là que beaucoup se font piéger : l’adresse ne suffit pas. Avoir un cabinet dans la zone du QPV sans activité significative dans le quartier peut fragiliser le dispositif. Concrètement, ça implique :
- une organisation de tournée cohérente avec le quartier,
- une patientèle réellement située dans le QPV,
- et une capacité à démontrer la proportion de recettes réalisées dans la zone.
Comment prouver vos 25 % (bonnes pratiques)
Sans entrer dans l’usine à gaz, l’idée est d’être capable de justifier, en cas de question de l’administration, comment vous calculez cette part de recettes. Bonnes pratiques utiles :
- ventiler vos recettes par secteur (QPV / hors QPV) dans votre suivi,
- conserver des éléments de traçabilité (exports, tableaux de suivi, rapprochement avec vos tournées),
- archiver la preuve du périmètre QPV (carte/justificatif officiel) et l’adresse d’exercice.
L’enjeu n’est pas d’avoir une méthode “parfaite”, mais une méthode stable, explicable et documentée.
Si vous envisagez un transfert de cabinet, une association, ou un changement d’organisation, faites-vous accompagner : un ajustement “pratique” peut avoir des effets fiscaux importants.
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Qu’est-ce qu’une ZRR, devenue ZFRR (France Ruralités Revitalisation) ?
Les ZRR (Zones de Revitalisation Rurale) ont été remplacées par les ZFRR (Zones France Ruralités Revitalisation). Le zonage a été revu et certaines conditions peuvent évoluer, mais l’objectif reste identique : inciter les professionnels à s’implanter dans des territoires ruraux fragiles. Ces zones sont définies par l’État pour redynamiser des régions caractérisées par une faible activité économique, un vieillissement de la population et un exode rural.
Pour savoir si une adresse est en ZFRR, il existe un site officiel : Observatoire des territoires. Il suffit de choisir le zonage que vous recherchez et de faire une recherche sur le nom de la commune.
Quels sont les avantages fiscaux en ZFRR ?
Les infirmières libérales qui s’installent en Zones France Ruralités Revitalisation (ZFRR) peuvent profiter d’une exonération d’impôt sur leurs bénéfices, s’échelonnant sur huit ans :
- 100 % d’exonération pendant les cinq premières années.
- 75 % la sixième année.
- 50 % la septième année.
- 25 % la huitième année.
Par exemple : si vous réalisez un bénéfice annuel de 43 000 €, voici comment l’exonération s’appliquera :
- Les 5 premières années : exonération totale.
- 6ᵉ année : 10 750 € imposables (75 % d’exonération).
- 7ᵉ année : 21 500 € imposables (50 % d’exonération).
- 8ᵉ année : 32 250 € imposables (25 % d’exonération).
Les conditions pour bénéficier des avantages d’une ZFRR
Pour bénéficier des avantages d’une ZFRR, les conditions suivantes doivent être remplies :
- Votre siège social et vos activités doivent être implantés dans une ZFRR.
- Vous devez être soumise au régime réel d’imposition, et non au régime micro-BNC.
- Vous devez réaliser au moins 75% de vos recettes dans la ZFRR.
- Il est également important de rester en ZFRR pendant au moins cinq ans après avoir bénéficié des exonérations, sous peine de devoir rembourser ces aides fiscales.
💡 Bon à savoir : Aucune démarche spécifique n’est requise pour bénéficier de l’exonération d’impôt ZFRR : il vous suffit de remplir la ligne appropriée dans votre déclaration fiscale. N’oubliez pas de vérifier votre éligibilité auprès des services fiscaux si nécessaire, et consultez un comptable pour optimiser vos démarches.
⚠️ Attention : pour bénéficier des exonérations prévues dans les ZFRR, il faut impérativement déposer dans les délais légaux une déclaration au régime réel, dès la 1ère année, sous peine de perdre définitivement l’avantage fiscal !
Quels dispositifs d’aide dans les QPV et en ZFRR ?
Pour une IDEL, l’aide principale est l’exonération d’impôt sur les bénéfices via le dispositif QPV, avec un calendrier total puis dégressif, sous conditions (dont les 25 % de recettes).
Côté rural, l’équivalent est la logique ZRR devenue ZFRR, avec un objectif similaire de soutien à l’installation. Les conditions exactes dépendront du zonage et de votre date d’installation.
Dans les deux cas, ce sont des mesures de politique de la ville (urbain) ou d’aménagement du territoire (rural) : on ne parle pas d’une subvention automatique, mais d’un mécanisme fiscal à déclarer correctement.
Attention : la “clause de fidélité” a été renforcée (Loi de finances 2026)
S’installer en ZFRR (Zone France Ruralités Revitalisation) ou QPV (Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville) est donc une opportunité stratégique, mais le « cadeau fiscal » de l’État est assorti d’une condition de maintien dans la zone d’exonération, qui a été récemment renforcée.
Une règle de calcul qui change la donne
Pendant longtemps, pour conserver définitivement son avantage fiscal, il suffisait de rester implanté pendant 5 ans après le début de l’activité. Ce n’est plus le cas de puis la Loi de Finance pour 2026. L’administration a voulu éviter les effets d’aubaine et favoriser un ancrage durable des emplois et des services dans les territoires et les quartiers, et exige désormais un engagement de présence beaucoup plus long. Pour ne pas avoir à rembourser les impôts économisés, l’entreprise doit rester dans la zone jusqu’à la fin de la 5ème année suivant la dernière année d’exonération.
Exemple concret : Si vous bénéficiez de 8 ans d’exonération (totale puis dégressive), vous devez rester 5 ans de plus après cette période. C’est donc un engagement de 13 ans minimum sur le territoire.
Faut-il s’inquiéter en cas de départ ?
Rassurez-vous, le fisc ne réclame pas systématiquement de remboursement si le départ est subi ou s’il s’inscrit dans une logique de survie de l’entreprise. Le remboursement est dû en cas de départ volontaire de la zone, avec relocalisation de l’activité dans une zone autre qu’une ZFRR ou QPPV. Il n’est donc pas demandé en cas de :
- Réinstallation dans une autre ZFRR ou QPPV.
- Cessation définitive de l’activité libérale.
- Force majeure (incendie, catastrophe naturelle).
Pour sécuriser votre projet, faites-vous accompagner par un conseiller Horizon Compta Expert : un service de comptabilité spécialisé pour les infirmières libérales.
Comment localiser simplement les patients en ZFRR et QPV ?
Le logiciel agathe YOU, spécialisé pour les télétransmissions, inclut des options mises à jour en 2026 pour gérer automatiquement la localisation de vos patients en QPV et ZFRR. Cela vous permet de calculer facilement l’impact fiscal sur votre chiffre d’affaires en prenant en compte les soins réalisés dans ces zones. Une fonctionnalité particulièrement utile pour anticiper vos charges et optimiser vos revenus.
Et vous, travaillez-vous en Zone Franche Urbaine ou zone France ruralité revitalisation ? Qu’en pensez-vous ?





Bonjour,
Je suis infirmière libérale remplaçante dans le 13ᵉ arrondissement de Marseille, auprès d’une titulaire installée depuis 3 ans dans une ZFU (Zone Franche Urbaine) et dont 41 % de sa patientèle se situaient en ZFU au moment de la reprise en 2022.
Je vais prochainement reprendre le conventionnement d’une autre collègue également située dans le 13ᵉ arrondissement.
J’aimerais savoir :
1. Si le fait que ma collègue ait déjà bénéficié de l’exonération ZFU jusqu’à son terme peut m’empêcher d’en bénéficier à mon tour en reprenant son conventionnement.
2. Si l’adresse de ce secteur du 13ᵉ arrondissement est encore classée en ZFU.
3. Enfin, dans le cas où je deviens conventionnée sans reprise directe de patientèle mais en travaillant au sein du cabinet de ma titulaire, dois-je obligatoirement justifier d’au moins 25 % de patients situés en ZFU pour bénéficier du dispositif ?
Je vous remercie par avance pour vos précisions.
Bonjour Chloé, vous soulevez trois points importants concernant l’exonération fiscale en Zone Franche Urbaine (ZFU-TE) et le conventionnement infirmier :
1. Bénéficier de l’exonération ZFU après une collègue
L’exonération ZFU-TE est individuelle et attachée à l’entreprise (votre installation en libéral), pas au conventionnement de la collègue. Le fait qu’elle ait déjà bénéficié du dispositif ne vous empêche pas d’en bénéficier à votre tour, si vous remplissez les conditions d’éligibilité.
2. Classement du 13ᵉ arrondissement de Marseille
Les ZFU-TE (troisième génération) ont été supprimées fin 2020, mais un dispositif transitoire existe pour les entreprises déjà installées avant cette date. En 2025, il n’est plus possible d’ouvrir droit à une nouvelle exonération ZFU-TE dans le 13ᵉ, même si l’adresse était classée auparavant.
3. Condition des 25 % de patients en ZFU
Cette règle concernait les professionnels de santé souhaitant bénéficier de l’exonération : il fallait justifier qu’au moins 25 % de la patientèle habitait en ZFU. Mais comme le dispositif n’est plus ouvert aux nouvelles installations depuis 2021, cette condition n’a plus d’effet pour une nouvelle demande.
Bien à vous, Cléo de CBA