
2026 ne va pas être “une année de plus” pour les IDEL, mais un vrai tournant. Réforme infirmière, PLFSS, négociations conventionnelles, télésanté, outils numériques (vague 2 du SEGUR numérique), appli carte Vitale… tout ce qui s’est décidé ou amorcé en 2025 arrive maintenant dans votre quotidien, avec des impacts très concrets sur vos tournées, votre charge de travail, votre autonomie et votre rémunération. Dans cet article, nous passons en revue les 6 grands changements qui vont marquer votre exercice en 2026 : ce qui est déjà acté, ce qui reste flou, ce qui peut vraiment améliorer votre pratique… et ce qui risque, au contraire, d’ajouter une couche de complexité si rien n’est ajusté. Objectif : vous donner une vue d’ensemble claire pour anticiper, adapter votre organisation et peser, autant que possible, dans les décisions qui se prennent sans toujours vous demander votre avis.
Réforme infirmière : 2026 = l’année où les nouveaux rôles doivent devenir opérationnels
Fin 2025, un cap a été franchi avec la publication d’un décret structurant sur les activités et compétences infirmières, qui inscrit plus clairement dans le cadre réglementaire des notions comme les diagnostics infirmiers, et consolide la dynamique autour de la consultation et du renforcement de l’autonomie professionnelle.
Mais 2026 est surtout l’année où l’on attend ce qui rend tout ça applicable : plusieurs acteurs rappellent que la pleine effectivité dépend encore d’arrêtés (notamment sur la liste des actes et sur les prescriptions possibles). Autrement dit : le cadre bouge, mais le terrain a besoin des modes d’emploi pour que ça change réellement dans l’exercice libéral.
✍🏼 Côté formation, un nouveau référentiel est annoncé pour septembre 2026, mais des blocages institutionnels et financiers peuvent encore le retarder : c’est un point de vigilance majeur, car l’évolution des compétences sans évolution de la formation crée mécaniquement des tensions (sur la qualité, l’attractivité et la lisibilité du métier).
PLFSS 2026 : l’enjeu “soins de ville” revient au centre, avec un débat très politique sur les moyens
Pour les IDEL, le PLFSS 2026 n’est pas qu’un texte budgétaire : c’est ce qui conditionne une partie de l’oxygène du système en ville. La FNI a alerté sur un ONDAM jugé historiquement bas et sur un déséquilibre défavorable aux soins de ville, en demandant un rééquilibrage et une reconnaissance concrète de la place des infirmiers libéraux dans l’accès aux soins et la prévention.
👉🏼 Ce débat pèse directement sur 2026 car il se superpose aux négociations conventionnelles (valorisation, nouveaux forfaits, financement des évolutions). L’idée est simple : plus de missions sans capacité budgétaire en face, c’est un risque de déception et de blocage au moment même où la profession bascule dans un nouveau cadre.
Négociations conventionnelles : 2026 doit enfin transformer la “reconnaissance” en rémunération et en règles claires
C’est probablement le sujet le plus décisif pour le quotidien des IDEL : comment 2026 va traduire la montée en responsabilités dans la convention, la NGAP et les forfaits. Fin 2025, les discussions n’étaient pas finalisées et devaient se poursuivre en janvier 2026, avec des sujets très concrets sur la table.
Deux exemples parlent à tout le monde :
- le BSI (et l’idée d’un BSI majoré / BSI+ pour les prises en charge lourdes) : on voit bien l’objectif, mais les contours et la valorisation restent à cadrer ;
- l’AMI : une proposition de revalorisation (présentée comme base de discussion) a été jugée très insuffisante par des représentants, dans un contexte où il est rappelé qu’il n’y a pas eu de revalorisation tarifaire de certains actes en ville depuis longtemps.
Dans le même temps, la FNI estime que 2025 a posé un “socle” de progrès réglementaires (prescription/consultation, rôle d’infirmier référent, place dans les parcours), et que 2026 doit être l’année où ce socle devient incontestable dans la négociation.

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Télésanté : en 2026, on sort du concept et on parle organisation, preuves et usages
Télésoin, téléexpertise, télésuivi : la télésanté continue de s’installer dans les parcours, mais 2026 met surtout l’accent sur la structuration : quand est-ce utile, comment tracer, comment coordonner, comment éviter les doublons, et comment intégrer ça à une prise en charge à domicile sans dégrader la relation de soin.
Sur le terrain, le vrai tournant n’est pas faire de la télésanté, c’est l’intégrer intelligemment : pour certains patients (fragiles, éloignés, chroniques), c’est un levier ; pour d’autres, c’est une fausse bonne idée si cela crée de la complexité administrative ou du temps invisible non reconnu. C’est précisément pour cela que 2026 est aussi l’année des arbitrages conventionnels.
Outils numériques et coordination : la pression monte sur la traçabilité, le partage et la “preuve” du travail invisible
Ce qui change en 2026, ce n’est pas seulement l’existence d’outils numériques : c’est l’attente croissante de coordination outillée, de traçabilité, et de partage d’informations dans le parcours (notamment pour les prises en charge complexes). C’est cohérent avec la reconnaissance accrue du rôle des infirmiers dans les parcours, mais cela pose une question très IDEL : qui finance le temps de coordination et les contraintes qui vont avec ?
✅ En clair : 2026 risque d’accentuer l’écart entre ce qui est demandé (qualité, coordination, prévention, suivi) et ce qui est réellement reconnu dans les grilles si la convention ne suit pas. D’où l’importance, encore une fois, du “verrou” conventionnel.
Appli carte Vitale : en 2026, on passe du déploiement… à l’usage massif (et aux impacts sur la tournée)
La bascule a eu lieu : depuis le 18 novembre 2025, l’appli carte Vitale est accessible à tous les assurés sur tout le territoire.
En 2026, l’enjeu devient très concret pour les IDEL : équipement de lecture (QR code notamment), compatibilité logiciel, gestion des situations dégradées, et accompagnement des patients moins à l’aise avec le numérique. Ameli souligne d’ailleurs la nécessité, côté professionnels, de disposer d’un logiciel compatible et d’un matériel de lecture adapté.
Pour une tournée, c’est un tournant silencieux mais réel : moins de friction si tout est fluide… et plus de points de blocage si l’équipement n’est pas au rendez-vous ou si l’environnement patient est hétérogène.
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Si on devait résumer 2026 pour les IDEL : les annonces ne suffisent plus. La profession est à un moment où il faut des textes applicables, un budget cohérent, et une convention qui reconnaisse enfin la réalité du terrain (complexité, coordination, temps invisible, lourdeur des prises en charge). Entre la dynamique réglementaire (décret, missions) et les arbitrages économiques (PLFSS, négociations), 2026 est l’année où l’équilibre doit se faire ou se tendre.
Et vous, qu'attendez-vous de l'année 2026 pour votre profession IDEL ? Que pensez-vous de ces grands tournants attendus ?







Qu'en est-il de la révision de la nomenclature ? De la possibilité d'élargir notre liste de prescription ?
L’évolution de la profession , j’y croyais . des formations j’en ai fait beaucoup ..3DU , la formation de clinicienne …une de mes collègues est IPA et les médecins de notre territoire s’en fichent royalement !!!
Ils refusent d’intégrer l’IPA à la maison de santé et préfèrent les ASALEE …déprimant !