Quel est le revenu à la retraite d’une infirmière hospitalière ?

Quel est le revenu à la retraite d'une infirmière hospitalière ?

Le jour du départ à la retraite, la fiche de paie disparaît, et la pension de retraite qui la remplace dépend de règles très différentes de celles du salaire. Pour une infirmière de la fonction publique hospitalière (FPH), la retraite de base est versée par la CNRACL et calculée sur le traitement indiciaire des six derniers mois. La plupart des primes n’y entrent pas. Votre année de naissance, votre durée d’assurance, votre grade et vos éventuelles années en libéral pèsent aussi sur le montant final. Chiffres officiels 2026 et exemples par grade à l’appui, voici ce qu’une infirmière hospitalière peut réellement attendre de sa retraite, et ce qui change si elle s’installe en libéral.

En résumé

  • La pension CNRACL peut atteindre 75 % du dernier traitement indiciaire brut, soit environ 2 500 € bruts par mois pour une infirmière en fin de premier grade avec une carrière complète.
  • Les primes ne comptent pas dans la pension principale : elles alimentent seulement la RAFP, dans la limite de 20 % du traitement indiciaire.
  • Depuis le 1er septembre 2026, la suspension de la réforme des retraites fixe l'âge légal entre 62 ans et 9 mois et 64 ans selon l'année de naissance, avec 170 à 172 trimestres requis
  • En libéral, la retraite CARPIMKO repose sur des points : une carrière mixte hôpital puis libéral donne droit à plusieurs pensions distinctes.

Comment fonctionne la retraite de la fonction publique hospitalière ?

CNRACL et RAFP : les deux étages de la retraite des infirmières fonctionnaires

Une infirmière titulaire cotise auprès de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL), la caisse nationale de retraite des agents territoriaux et hospitaliers. Les fonctionnaires d’État relèvent, eux, de la Retraite de l’État : les deux régimes appliquent des règles proches, mais ce ne sont pas les mêmes caisses.

Contrairement au salarié du privé, dont la retraite de base repose sur ses 25 meilleures années, l’infirmière fonctionnaire voit sa pension calculée sur son dernier traitement indiciaire brut. Une condition s’applique : avoir détenu son emploi, son grade et son échelon pendant au moins six mois avant le départ.

Le second étage est la Retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP). Ce régime complémentaire obligatoire fonctionne par points et repose sur une partie des primes. Il n’existe pas d’Agirc-Arrco pour les infirmières fonctionnaires.

Et pour une infirmière contractuelle à l’hôpital ?

Une infirmière hospitalière n’est pas forcément titulaire. Contractuelle, elle cotise au régime général de la Sécurité sociale pour sa retraite de base, et à l’Ircantec pour sa retraite complémentaire. Son calcul ressemble alors à celui d’un salarié du privé : l’Assurance retraite retient la moyenne de ses 25 meilleures années, primes comprises. Avant toute estimation, la première étape consiste donc à vérifier votre statut exact.

Comment se fait le calcul de la retraite dans la fonction publique hospitalière ?

La formule utilisée par la CNRACL

Le calcul de la retraite d’une infirmière fonctionnaire suit une formule unique : ➡️ Pension de base = dernier traitement indiciaire brut × 75 % × trimestres liquidables / trimestres requis

Le taux de 75 % est un maximum. Il n’est atteint que si vous avez tous les trimestres requis pour votre génération. Certaines bonifications, pour enfants notamment, peuvent le dépasser dans des situations particulières.

Le temps partiel réduit aussi le résultat. Une année à 80 % compte pleinement pour la durée d’assurance, mais seulement à hauteur de 80 % dans les trimestres liquidables, sauf si vous avez surcotisé.

Durée d’assurance, décote et surcote

Atteindre l’âge légal ne garantit pas une retraite à taux plein. Il faut aussi réunir la durée d’assurance exigée pour son année de naissance : 172 trimestres pour une infirmière née à partir de 1966 en catégorie sédentaire.

S’il vous manque des trimestres, la décote s’applique : 1,25 % de pension en moins par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres. Ce mécanisme de décote s’ajoute à la proratisation déjà prévue par la formule, ce qui le rend particulièrement coûteux. L’annulation de la décote intervient à 67 ans en catégorie sédentaire, et à 62 ans pour les infirmières qui remplissent les conditions de la catégorie active.

À l’inverse, chaque trimestre supplémentaire cotisé au-delà de l’âge légal et de la durée requise ouvre droit à une surcote de 1,25 %.

🔎 Exemple : une infirmière née en 1967, avec 164 trimestres au lieu de 172, part sur un traitement indiciaire de 3 337,65 €. Sa pension proratisée tombe à 2 387 € bruts. Avec 8 trimestres de décote (10 %), elle descend à environ 2 148 € bruts par mois, au lieu de 2 503 € avec une carrière complète.

Le dispositif carrière longue peut toutefois permettre un départ anticipé si vous avez commencé à travailler jeune.

Quel est le montant de la retraite d’une infirmière hospitalière ?

Quel est le montant de la pension d’une infirmière ?

Il n’existe pas de montant unique, mais la grille indiciaire permet d’estimer un plafond. Le tableau ci-dessous applique le taux maximal de 75 % au dernier échelon de chaque grade, sur la base du point d’indice de 4,92278 € en vigueur depuis le 1er juillet 2023 (grille indiciaire des infirmiers en soins généraux et spécialisés).

Grade en fin de carrièreTraitement indiciaire brut mensuelPension CNRACL maximale (brute)
Infirmière généraliste, 1er grade, dernier échelon3 337,65 €≈ 2 503 €
2e grade (IDE, infirmière IBODE, puéricultrice)3 578,86 €≈ 2 684 €
3e grade (infirmière en bloc opératoire IBODE, puéricultrice)3 785,62 €≈ 2 839 €

Ces montants s’entendent en euros par mois, avant prélèvements sociaux (environ 9,1 % au taux normal de CSG, CRDS et Casa) et impôt sur le revenu. Ils supposent une carrière complète et un degré d’ancienneté suffisant pour atteindre le dernier échelon.

Pourquoi les primes comptent-elles moins pour la retraite ?

Les primes représentent une grande partie du revenu d’activité d’une infirmière hospitalière : prime Veil, prime d’engagement collectif, indemnités de nuit, de dimanche et de jours fériés. Le manque constant d’effectif multiplie souvent ces heures majorées. Pourtant, aucune de ces primes n’entre dans le calcul de la pension CNRACL.

Elles ouvrent seulement des droits à la RAFP, et uniquement dans la limite de 20 % du traitement indiciaire brut. En 2026, la valeur de service du point RAFP s’élève à 0,05671 € depuis le 1er janvier. Concrètement, 4 000 € de primes cotisées chaque année pendant 20 ans rapportent environ 26 € par mois de retraite additionnelle. En dessous de 5 125 points, la RAFP est même versée sous forme de capital unique et non de rente.

💡 Bon à savoir : le complément de traitement indiciaire (CTI) issu du Ségur de la santé, soit 49 points d’indice, fait exception. Il est soumis à cotisation CNRACL et donne droit à un supplément de pension spécifique.

C’est ce poids des primes qui explique la baisse de revenus ressentie à l’heure de la retraite, même avec une retraite à taux plein. Votre niveau de vie futur se mesure donc en comparant la pension à l’ensemble de vos revenus actuels, primes comprises.

Quel est le salaire net d’une infirmière en fin de carrière ?

Le salaire net d’une infirmière en fin de carrière varie selon le grade, l’échelon, la spécialité, les gardes et les primes perçues. Mais ce montant ne sert pas de base au calcul de la retraite. Appliquer 75 % à son dernier salaire net donne un résultat faux : la CNRACL ne regarde que l’indice détenu depuis six mois. Pour estimer correctement votre pension, partez de votre indice majoré, visible sur votre bulletin de paie, et de votre relevé de carrière.

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Retraite des infirmières de catégorie B et A : quel âge de départ ?

Les infirmières en soins généraux et spécialisés de la FPH appartiennent aujourd’hui à la catégorie A. En 2010, les infirmières déjà en poste ont exercé un droit d’option : certaines ont rejoint la catégorie A et sa meilleure grille indiciaire, d’autres ont gardé la catégorie B.

Ce choix change l’âge de départ. Les infirmières restées en catégorie B relèvent de la catégorie active, reconnue pour la pénibilité du métier, à condition de justifier de 17 ans de services actifs. Celles qui ont opté pour la catégorie A relèvent d’un âge dérogatoire propre aux personnels soignants, et les infirmières recrutées directement en catégorie A sont en catégorie sédentaire.

Depuis le 1er septembre 2026, la suspension de la réforme des retraites de 2023 modifie les âges et les durées applicables :

CatégorieAnnée de naissanceÂge légalDurée d’assurance
Sédentaire1963 à mars 196562 ans et 9 mois170 trimestres
Sédentaire196663 ans et 3 mois172 trimestres
Sédentaire1969 et après64 ans172 trimestres
Active1968 à mars 197057 ans et 9 mois170 trimestres
Active1974 et après59 ans172 trimestres

⚠️ Les règles liées au droit d’option de 2010 dépendent de chaque parcours. Vérifiez votre catégorie auprès du service RH de votre établissement avant de fixer une date de départ.

Quelle retraite pour les cadres de santé et cadres infirmiers ?

Les cadres de santé et cadres infirmiers suivent le même calcul CNRACL, mais sur une grille plus élevée. En 2026, le dernier échelon de cadre de santé paramédical correspond à un traitement indiciaire de 3 785,62 € bruts, soit une pension maximale d’environ 2 839 € bruts. Pour une cadre supérieure de santé, le dernier échelon atteint 4 066,22 €, soit environ 3 050 € bruts de pension.

La règle des six mois prend ici tout son sens : une promotion obtenue moins de six mois avant le départ n’est pas retenue dans le calcul.

Prime de départ à la retraite FPH : que verse le C.G.O.S ?

On parle souvent de prime de départ à la retraite FPH, mais il ne s’agit pas de l’indemnité légale versée aux salariés du privé. Pour les agents des établissements adhérents, le C.G.O.S verse une prestation au moment du départ, sous conditions.

En 2026, son montant dépend de l’indice majoré et du nombre d’années de service :

Indice majoréMontant par année de service
Jusqu’à 50560 €
De 506 à 76555 €
Au-delà de 76550 €

Avec 35 ans de service et un indice de 678, une infirmière toucherait ainsi environ 1 925 €. Titulaires comme contractuelles peuvent en bénéficier. La demande passe par l’établissement employeur.

Combien touche une infirmière libérale à la retraite ?

En libéral, la logique change complètement. Une IDEL cotise auprès de la CARPIMKO, la caisse de retraite et de prévoyance des auxiliaires médicaux. Elle cumule trois régimes : la retraite de base, commune à la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL), un régime complémentaire et l’Avantage social vieillesse (ASV) réservé aux infirmières conventionnées.

➡️ Ces trois régimes fonctionnent par points. Le montant dépend des points acquis pendant la carrière, de leur valeur au moment de la liquidation et de l’âge de départ.

💡 Au 1er janvier 2026, la valeur annuelle du point s’élève à 0,6599 € pour le régime de base, 21,48 € pour le régime complémentaire et 1,50 € pour l’ASV.

Une infirmière qui a exercé une partie de sa carrière à l’hôpital puis une autre en libéral touchera plusieurs pensions, une par régime. Attention : ses années hospitalières seront calculées sur le traitement des six derniers mois passés à l’hôpital, parfois très ancien. Le cumul emploi-retraite permet aussi, sous conditions, de reprendre une activité libérale après avoir liquidé sa pension CNRACL.

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Comment connaître précisément le montant de sa future pension ?

Une carrière comporte souvent du temps partiel, des congés, plusieurs employeurs ou une période en libéral. Chacune de ces situations modifie les droits à la retraite. Pour une estimation fiable, consultez régulièrement votre relevé de carrière et utilisez les simulateurs officiels de retraite.

Ce suivi permet de repérer tôt une période manquante et de mesurer l’effet d’un départ décalé de quelques trimestres. C’est aussi le moment de penser à vos projets personnels, à votre épargne et à votre prévoyance.

Si vous envisagez de passer en libéral, cette décision se prépare aussi sous l’angle de la retraite : PER, contrats Madelin et choix du statut influencent directement vos futurs revenus. Les experts-comptables d’Horizon Compta Expert accompagnent les infirmières libérales toute l’année pour anticiper leurs cotisations CARPIMKO et construire une stratégie retraite adaptée à leur activité.

📃 Sources :

  • CNRACL
  • Juris CNRACL
  • RAFP
  • Emploithèque

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