S’installer comme IDEL sur la Côte d’Azur

infirmière libérale côte d'azur

Caroline est infirmière libérale sur la Côte d’Azur, à Cannes. Grands hôtels, festivals, bord de mer… cela fait rêver, non ? 😊 Active sur Instagram, elle a accepté de participer à notre Live Happy IDEL où elle nous fait découvrir son quotidien en libéral sur la French Riviera.

Cette interview est retranscrite de l’émission Live Instagram « Happy IDEL » du mercredi 29 juillet 2020 diffusée sur le compte Entre Infirmière Libérales.

A la découverte du monde médical sur la Côte d’Azur

Comment t’es-tu installée sur la Côte d’Azur ?

Caroline : J’ai 24 ans. Originaire de Picardie, j’y ai suivi mes études. Je vis depuis 4 ans dans le Sud de la France à Cannes et cela fait 2 ans que je suis infirmière libérale. Après une expérience en EPHAD, j’ai fait des vacations en médecine et en SSR pendant plusieurs mois pour valider l’expérience nécessaire pour débuter en libéral. J’ai pu réaliser un stage préprofessionnel en libéral puis j’ai eu l’opportunité de rejoindre un cabinet infirmier en tant que titulaire/collaboratrice.

Quand j’ai commencé en EPHAD, j’ai toujours gardé de bons contacts avec les professionnels de santé et notamment les médecins du coin, ce qui m’a permis lors de mon lancement de les prévenir de ma nouvelle activité libérale. Je voulais leur faire savoir que j’étais disponible. Et c’est comme ça que tout a commencé.

Après plusieurs expériences dans le secteur de la santé privé et public, je ne me vois pas faire machine arrière. Par exemple, dans le privé en EPHAD (déjà dans le Sud), j’ai vu des cas de maltraitance auxquels j’ai essayé de m’opposer, mais la direction ne m’a pas suivi donc j’ai préféré démissionner. Ensuite, je suis allée à l’hôpital de Cannes aux urgences et j’ai vu que c’était compliqué : il y a de la violence, on est en sous-effectif, pas reconnus pour notre métier, notamment financièrement… et je me suis dit, autant accepter l’opportunité de pouvoir choisir mes patients et ma prise en charge en libéral.

Qu’est-ce qui te motivait à rejoindre le libéral ?

En EPHAD j’ai pris le temps de construire ma vie dans le Sud. Le libéral était dans un coin de ma tête, mais je ne l’envisageais pas, vu la circulation routière. Mais le jour où j’ai eu l’opportunité, j’ai dit GO ! On m’a expliqué comment cela marchait et j’ai foncé.

Comptabilité, fiscalité, comment tu t’y es fait ?

J’ai suivi des formations avec mon conjoint qui est aussi infirmier libéral dans un autre cabinet. On s’est beaucoup renseignés sur la fiscalité et la comptabilité. Aujourd’hui, je suis autonome grâce à tout ça et j’essaye au maximum de gérer ma facturation les weekends, comme ça, c’est fait. Je ne laisse pas traîner. Du coup, je suis assez satisfaite de faire ma facturation le dimanche et de toucher le fruit de mon travail le mercredi. 😊

Comment fais-tu pour concilier vie pro et vie perso à ton âge ?

Je suis en couple avec quelqu’un qui fait le même métier et nous travaillons la même semaine. On est donc en repos en même temps et on en profite. C’est l’avantage du libéral, mais si on avait eu une vie décalée, cela aurait été compliqué, c’est sûr. On essaye aussi de ne pas mixer vie pro et vie personnelle. 

Quand je suis en off, j’aime me détendre chez moi dans ma piscine ou aller à la plage… sauf cette année, car je ne veux pas attraper le Covid et contaminer mes patients.  Donc je profite de ma vie de couple et de ma jeunesse tout en étant IDEL. 😊

Le quotidien d’une IDEL sur la Côte d’Azur

Est-ce que le fait d’être installée en station balnéaire ça change beaucoup en libéral ?

Nous avons des soins chroniques et uniques comme partout en France. Ce qui change, ce sont les vacanciers. On en suit beaucoup durant la période estivale. Le souci, c’est qu’ils veulent profiter et qu’ils ne sont parfois pas très conciliants sur les horaires. On doit donc s’organiser et s’adapter à leur planning. Après, c’est un avantage, car cela veut dire plus de soins, mais c’est aussi un désavantage, car il y a plus de monde sur les routes et donc plus de trafic pour nos tournées de soins à domicile.

Avant j’avais une Clio, aujourd’hui j’ai une Smart. Je me gare facilement. J’ai déjà pensé à la trottinette électrique, mais c’est dangereux. Les touristes étrangers ne respectent pas vraiment les règles du code de la route. Il faut faire attention sur le front de mer, il peut d’ailleurs nous arriver des accidents, la voiture revient parfois de tournée en mauvais état…

Une anecdote à Cannes quand on est IDEL ?

Durant le Festival de Cannes, on se gare loin pour tout faire à pied, mais c’est excitant, car on intervient dans les grands hôtels, on s’occupe de stars… Je croise des gens que je vois à la télé, je suis appelée par les conciergeries, on m’appelle pour soigner des personnes avec des noms lambda, et il s’avère en fait que ce sont des gens hyper connus parfois… 😊 J’ai déjà eu l’occasion de monter les marches et d’être spectatrice du festival et c’est assez cool de pouvoir le vivre en libéral, dans les coulisses !

Y’a-t-il plus de patients âgés à soigner sur la Côte d’Azur ?

J’ai tous types de patients, mais c’est vrai qu’il y a pas mal de maisons de retraites dans le Sud. Je fais plus de soins techniques, mais on essaye de s’arranger pour tenir le rythme entre nursing et soins techniques avec ma collègue.    

Y’a-t-il une saisonnalité des demandes en soins forte ?

L’été on est overbookés, avec les hôtels, on a beaucoup de soins. En centre-ville, on est bien situés, les gens voient donc notre plaque du cabinet ou nous contactent via internet. On doit refuser la demande surtout lors du Festival, mais l’hiver c’est très calme. On a plus de demande de soins techniques l’été, et le nursing : il y en a tout le temps, et il faut dire que les IDEL se jettent dessus pour avoir des soins.

Est-ce que les cabinets infirmiers sont sympa entre eux à Cannes ?

Il y a beaucoup d’infirmiers libéraux sur la Côte d’Azur. Je pense qu’il faut s’entendre avec tout le monde et notamment dans son secteur, car on est tous des ressources pour les uns les autres lorsqu’on refuse un soin pour recommander nos confrères. L’entente est importante entre cabinets infirmiers et il vaut mieux être dans le partage. C’est plutôt le cas ici. Il n’y a pas de concurrence déloyale.

C’est comment en ce moment tes tournées de soins ?

Il fait chaud en été et on n’arrête pas. 😊 Mes patients habitent à proximité les uns des autres, donc je vais d’appart en appart. Ce rythme fait que j’aime ce que je fais. En revanche, certains patients sont frileux, alors chaleur, plus chauffage, plus masque… c’est dur.

En ce moment, je commence à 7h00, je finis vers 11-12h00, j’enchaine par une coupure et je reprends entre 16h30 et 17h00 et je termine vers 19h00/20h. Je suis à 30 – 45 passages par jour qui sont assez rapprochés géographiquement donc ça va.  

Peut-on encore s’installer comme infirmière libérale sur la Côte d’Azur ?

Est-il toujours possible de s’installer à Cannes, par exemple ?

Ce n’est une zone surdotée, mais il y a des départs et des arrivées, ça tourne. On peut encore s’installer à Cannes. Des cabinets cherchent à recruter des IDEL justement. Dans le mien on est 6, on a un bail local commun, mais chacun mène sa barque.

Quels conseils donnes-tu aux IDEL qui souhaitent s’installer en libéral dans le Sud ?

Premier conseil : foncez ! N’écoutez pas les critiques qu’on peut avoir sur la Côte d’Azur. Moi, j’aime la vie que j’ai ici.

Deuxième conseil : le partage. Justement, entendez-vous bien avec les autres cabinets et quand vous commencerez, cela pourra vous servir, cela a été le cas pour moi.

Combien de mois ça t’a pris pour pouvoir souffler et te payer en libéral ?

Au début, je suis entrée dans un cabinet où j’avais déjà de la patientèle, par contre j’ai dû acheter tout le matériel médical : mallette, TLA, logiciel infirmier. Il faut mettre des sous de côté pour acheter tout cela.

Lorsque j’ai quitté ce cabinet pour avoir le mien, je suis repartie avec deux patientes. Là, j’ai fait jouer mes contacts (médecins, pharmacies…) en déposant des cartes de visites. En trois semaines, j’étais au complet, car sur la Côte, il y a beaucoup de demandes de soins. La population est assez dense, c’est plus facile. Et puis en ville, c’est plus simple qu’en milieu rural où se constituer une patientèle peut être plus long. J’ai de la chance.

As-tu des conseils pour ceux et celles qui n’osent pas sauter le pas d’une installation ?

En libéral, je recommande de se lancer dans une zone comme la mienne où il y a du boulot. On vit une expérience géniale avec une qualité de vie incroyable en bord de mer. Cependant, si on souhaite s’installer dans une zone où il y a peu de demande, cela peut être dangereux, donc à éviter.  

Si on a peur de se lancer, c’est vrai que le statut d’infirmier remplaçant permet déjà de savoir si c’est fait pour nous et de minimiser le coût d’installation. Ça arrive à certains de faire machine arrière et de retourner à l’hôpital, ou au contraire d’évoluer sur un statut de collaborateur par la suite. C’est une expérience supplémentaire, cela n’a pas été mon cas, mais ça peut être bien.

As-tu un dernier mot que tu aimerais à adresser aux IDEL ?

On doit être forts, mentalement et physiquement, car c’est vrai qu’on en a bavé ces derniers temps avec le Covid. La profession infirmière en libéral a été oubliée, cela a été dur pour tout le monde. Ce qui ressort de cette expérience, c’est que l’on s’est tous beaucoup mis à échanger grâce aux réseaux sociaux comme sur les groupes de partages entre IDEL. Il y avait des conseils et parfois des trucs drôles qui m’ont fait du bien. Je pense qu’il faut que l’on se soutienne et que l’on continue à communiquer et échanger comme cela entre infirmiers libéraux. 🙂

Vous avez aimé cette interview, retrouvez-là en intégralité ainsi que d’autres interviews sur l’IGTV de notre compte Instagram @entre_infirmieres_liberales. 😉

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