Les patients compliqués… et puis avec le temps, ça va mieux

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Myriam, La petite infirmière dans la prairie, nous parle de son quotidien en libéral avec ses patients pas toujours faciles.

Je frappe à la porte. Le patient vient m’ouvrir l’air renfrogné. J’ai à peine le temps d’ouvrir la bouche pour le saluer qu’il me lance d’un ton railleur : « Ben, c’est pas trop tôt, je me disais que vous n’alliez jamais venir ! ».

Je pense en moi-même : « Purée, ça commence bien ! », mais ne répond rien. Je me présente, sourire aux lèvres, en faisant totalement abstraction de ce qu’il vient de me dire. Lui, s’assied pour l’injection en marmonnant qu’il n’a pas que cela à faire.

Je m’installe en tentant de le mettre à l’aise, ce qui est loin d’être facile, car le monsieur me précise sur un ton pincé qu’il déteste les piqûres en tout genre. Je souffle un bon coup et lui répond calmement de ne pas s’inquiéter (tout en me répétant intérieurement une bonne centaine de fois que tout doit ABSOLUMENT bien se passer).

Le soin terminé, il semble se détendre légèrement. Je pousse un ouf de soulagement, mais celui-ci est très vite balayé par le phrasé tranchant de mon interlocuteur qui me balance un « A demain et pas trop tard ! » aussi piquant qu’une famille de hérissons.

Le lendemain, une légère appréhension vient me tordre les boyaux au moment d’appuyer sur la sonnette. Le monsieur vient m’ouvrir en m’accueillant d’un bonjour distant. Il m’invite à le suivre et s’installe pour l’injection. Son visage semble toutefois plus détendu et il me lance de son ton d’ours mal léché que la piqûre lui a tout de même fait du bien. Un sourire vient alors se greffer sur mon visage : un sourire de victoire parce qu’un premier pas vient d’être franchi. Le premier pas vers l’acceptation de l’autre, du soignant, de l’étranger qui pénètre dans sa maison et vient perturber les habitudes de vie.

Au fil des rencontres, la distance glaciale des débuts laissa place à un climat apaisé. Au fur et à mesure, le monsieur se montra plus à l’aise, moins sur la défensive, ce qui me mit plus à l’aise moi aussi. Il lui a fallu plusieurs rendez-vous, cela ne s’est pas fait en un claquement de doigts parce qu’il n’avait pas l’habitude d’accepter et d’être accepté dès la porte franchie. Bien sûr, sa rudesse était toujours là, mais il m’a semblé que les jours passants, celle-ci prenait moins de place dévoilant une tout autre facette de sa personnalité…

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