Vaccination coqueluche : le rôle central de l’infirmière libérale

Vaccination coqueluche : le rôle central de l’infirmière libérale

La coqueluche est une maladie respiratoire causée par la bactérie Bordetella pertussis. Elle se caractérise par des quintes de toux sévères et peut être particulièrement dangereuse pour les nourrissons et les personnes fragiles qui sont plus vulnérables. La coqueluche connaît régulièrement des périodes de recrudescence en France, avec des cycles épidémiques tous les quelques années. Dans ce contexte, la vaccination contre la coqueluche reste un enjeu majeur de santé publique, en particulier pour la protection des nourrissons. En tournée, vous êtes en contact quotidien avec des femmes enceintes, des nouveau-nés, des parents, grands-parents et des personnes âgées ou malades chroniques. Vous êtes donc en première ligne pour repérer les retards vaccinaux, informer et orienter vers la mise à jour de la vaccination coqueluche.

Vaccination coqueluche des femmes enceintes

La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande la vaccination contre la coqueluche pendant la grossesse, à partir du deuxième trimestre, idéalement entre la 18ᵉ et la 34ᵉ semaine d’aménorrhée (SA). Cette mesure vise à protéger le nourrisson, particulièrement vulnérable dans les premiers mois de sa vie.

Pourquoi cette vaccination est-elle si importante ?

Chez les nourrissons de moins de 3 mois, non ou incomplètement vaccinés, la coqueluche peut entraîner :

  • des quintes de toux mal tolérées,
  • des difficultés respiratoires majeures, des apnées,
  • des bradycardies, une possible asphyxie,
  • des pneumopathies de surinfection,
  • des hospitalisations en réanimation, voire des décès.

Dans environ un cas sur deux, la contamination vient… des parents. La vaccination coqueluche de la femme enceinte permet le passage d’anticorps maternels au fœtus et offre au bébé une protection dès la naissance, en attendant sa première dose de vaccin à 2 mois.

La vaccination pendant chaque grossesse est recommandée, même si la femme a déjà été vaccinée auparavant.

Que peut faire l'IDEL concrètement ?

Lors de vos visites à domicile auprès de femmes enceintes :

  • Poser systématiquement la question : « Avez-vous reçu un vaccin contre la coqueluche pendant cette grossesse ? »
  • Expliquer en termes simples que cette vaccination est surtout là pour protéger le futur bébé et que la recommandation est valable à chaque grossesse.
  • Encourager la mise à jour : orienter la patiente vers son médecin traitant, sa sage-femme ou son gynécologue.
  • Tracer dans votre dossier de soins que l’information a été donnée et si la vaccination a été faite ou non.

Selon votre cadre d’exercice et les prescriptions, vous pouvez également être amenée à réaliser l’injection.

Guide pratique sur la vaccination par l'IDEL

Guide pratique sur la vaccination par l'infirmière libérale

Vaccination IDEL : le guide pratique pour sécuriser vos actes et vos cotations.

Vaccination coqueluche chez l’enfant et l’adolescent

La vaccination contre la coqueluche est obligatoire chez le nourrisson dès l’âge de 2 mois depuis 2018, via des vaccins combinés (diphtérie–tétanos–coqueluche–polio). Le schéma vaccinal prévoit une primo-vaccination dans la première année de vie, puis des rappels à l’âge scolaire et à l’adolescence (entre 11 et 13 ans). Dans la pratique, ce sont souvent les carnets de santé feuilletés lors d’un soin, d’un pansement ou d’une surveillance à domicile qui permettent de repérer un rappel manquant ou une injection retardée.

En tournée, vous pouvez donc profiter d’un contact avec un nourrisson, un enfant ou un adolescent pour jeter un œil au carnet de vaccination et rappeler, si besoin, que la protection contre la coqueluche diminue avec le temps. Expliquer aux parents que la maladie circule toujours, que les formes graves concernent surtout les plus petits et que la vaccination reste le meilleur moyen de les protéger, fait pleinement partie de votre rôle d’éducation à la santé.

Vaccination coqueluche chez l'adulte

Chez l’adulte, la coqueluche passe souvent pour une simple toux persistante. Pourtant, un parent, un grand-parent ou une personne qui garde régulièrement un bébé peut, sans le savoir, être à l’origine d’une contamination. C’est pour cette raison que le calendrier vaccinal prévoit un rappel coqueluche à l’âge adulte, en particulier autour de 25 ans, et que la mise à jour est particulièrement recommandée pour l’entourage proche des nourrissons.

En quoi consiste la stratégie de "cocooning" pour les nouveau-nés ?

On parle alors de stratégie de "cocooning" : l’idée est de vacciner les personnes qui vivent au contact du bébé (parents, fratrie, grands-parents, assistante maternelle, etc.) afin de réduire le risque de transmission. Au domicile, vous êtes souvent la seule professionnelle de santé qui voit tout l’entourage dans son contexte réel. Vous pouvez donc identifier qui s’occupe du nourrisson au quotidien, expliquer simplement le principe du cocooning et encourager la famille à faire le point avec leur médecin traitant sur la vaccination coqueluche de chacun.

Pour les adultes, la vaccination est recommandée tous les 10 ans, surtout pour ceux qui n’ont pas été vaccinés au cours des 10 dernières années. Les professionnels de santé, en particulier ceux travaillant avec des nourrissons ou des personnes âgées, doivent recevoir un rappel tous les 5 ans.

Mesures complémentaires de prévention

En complément de la vaccination, il est fortement recommandé pour les personnes présentant des symptômes respiratoires de porter un masque, surtout en présence de populations vulnérables. Cette mesure simple permet de limiter la propagation de la coqueluche, notamment dans les environnements à risque élevé.

Êtes-vous vaccinés contre la coqueluche ? Et, avez-vous des patients atteints de coqueluche ces derniers temps ?  😉

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