La Maison de l’Infirmière en action depuis déjà 1 an

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Vous les avez peut-être déjà repérées dans les médias, les infirmières libérales de La Maison de l’Infirmière sont très actives sur les Bouches-du-Rhône depuis le 1er confinement. Nous avons eu la chance de pouvoir interviewer leur Présidente, Handa Douafflia, infirmière libérale à Marseille.

Comment est né votre collectif de la Maison de l’Infirmière ?

En mars 2020, comme beaucoup d’infirmiers libéraux, nous nous sommes retrouvés sans matériel de protection pour intervenir chez nos patients au quotidien. Les officines avaient été dévalisées et nous avons donc dû nous débrouiller. A l’époque, j’étais pour ma part en arrêt et j’avais besoin de me sentir utile. J’ai donc commencé à appeler de grandes entreprises marseillaises qui m’ont permis de récolter beaucoup de blouses, charlottes et sur-chaussures. J’ai ensuite publié un post sur les réseaux sociaux et des amis m’ont aidée à distribuer du matériel une fois par semaine, sous forme de drive. Nous avons pu délivrer plus de 2000 kits à un réseau de plus de 600 infirmières venant d’Istres jusqu’à Venelle pendant 3 mois.

Finalement, les professionnels que nous avions aidés (il n’y avait pas que des IDEL) ne sachant pas comment nous remercier, on a eu l’idée de leur proposer de donner des denrées alimentaires pour des associations venant en aide aux plus démunis. Et ils ont joué le jeu ! Nous avons transmis ces denrées à des associations qui ont aussi remis des colis à nos patients en difficulté. Pompiers, policiers, ainsi que d’autres professions sont venues nous aider. Nous avons vécu une très belle période de solidarité.

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Quelles autres actions avez-vous décidé de mener à la suite du confinement ?

Tout s’est enchaîné. Durant l’été, nous avons fait de la prévention notamment sur la base nautique de l’Estaque, dans des centres sociaux, des centres d’intérêt de quartiers de Marseille, pour montrer aux enfants comment porter le masque, apprendre à vivre avec le virus. Nous sommes aussi intervenus en écoles.

Fin septembre, nous sommes passés d’un statut de collectif à celui d’une association. Depuis, l’association est très sollicitée. Cela a débuté avec l’appel des mairies de quartiers de Marseille pour distribuer des masques et au fur et à mesure, de plus en plus d’IDEL ont rejoint l’aventure.

Un laboratoire a fait appel pour réaliser des tests PCR en externe, l’Hôpital Européen également, même l’OM a fait appel à nous, ainsi que la Croix-Blanche pour intervenir en novembre dans un CROUS auprès des étudiants. A la suite de cela, la Maison de l’Infirmière a fait un constat grave : les étudiants ont faim et sont en détresse psychologique. L’idée a donc été de leur distribuer des paniers repas durant les vacances de Noël. Puis, fin janvier, elles ont réitéré l’opération sur 4 CROUS d’Aix et Marseille. Ce sont 1200 jeunes qui ont été aidés.

Le 8 mars dernier, nous avons organisé une journée bien-être avec des professionnels bénévoles (kinés, coiffeurs, sophrologues, réflexologue, esthéticiens, psychologue, profs de cours de zumba) pour redonner de la joie et du bien-être à ces étudiants. Un autre CROUS a déjà demandé à ce que l’on intervienne aussi chez eux sous ce concept.

Aujourd’hui, l’asso c’est : 250 adhérant.e.s, dont 160 IDEL, d’autres associations et d’autres corps de métier ont également adhéré : comme des ingénieurs, des femmes de ménage… Toutes les tranches d’âges sont représentées et nous ne sommes pas réservés aux infirmiers ! 😉

Quels projets phares mettez-vous en place aujourd’hui ?

Le but de la Maison de l’Infirmière, c’est de faire de la prévention, de l’éducation, de la promotion à la santé dans la précarité et la solidarité. Nous recherchons toujours du monde.

Nous avons plusieurs projets comme les Super Minots Masqués, qui vise à sensibiliser les enfants en écoles au port du masque en leur distribuant des kits de protection. Ces kits sont financés sur nos fonds personnels, donc tout soutien est le bienvenu.

Nous luttons aussi contre la précarité menstruelle, on aborde l’endométriose et la nécessité de consulter. Nous intervenons dans des foyers ou en milieu carcéral en dialoguant avec des mères et des filles sur ces sujets parfois tabous dans certaines cultures.

Enfin, notre dernier projet en cours est celui de lutter contre le burn-out libéral. La période n’est pas facile pour beaucoup de professionnels qui se sentent parfois isolés et démunis. Nous réfléchissons à des actions pour répondre à cette détresse.

Comment peut-on vous soutenir ? Est-ce que vous recrutez toujours de nouveaux membres ?

Si on souhaite nous rejoindre, c’est toujours possible bien sur car il y a beaucoup à faire. On peut aussi faire un don directement sur notre site helloasso.com/associations/la-maison-de-l-infirmiere pour nous aider à financer nos projets, ou nous contacter pour obtenir le RIB de l’association ou faire un chèque.

Vous souhaitez adresser un dernier message ?

Je tiens à remercier les membres de l’association pour tout ce qu’ils.elles font tous les jours. Nous avons un noyau de 60 IDEL hyperactifs.ves qui ont du mérite, car concilier vie de famille, vie professionnelle ET vie associative, ce n’est pas simple. Il faut être convaincu.e pour pouvoir agir.

Avant, on ne se connaissait pas entre infirmières libérales. Aujourd’hui, on voit autre chose. On se retrouve en extérieur et cela fait du bien en dehors de notre quotidien et puis nos patients adorent qu’on leur raconte. Certains ont même aussi souhaité contribuer. On ressent de la gratitude, on se sent utile. S’investir dans cette action nous a permis de renaitre de nos cendres. C’est très valorisant. D’ailleurs, nous ne cherchons pas la médiatisation, mais nous venons de recevoir un récent trophée Elles Les Audacieuses qui salue nos actions envers la population. Tout ceci est très encourageant pour la suite du projet. 🙂

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