Fille de… papa Alzheimer

Tribune des IDEL - Françoise

Françoise, infirmière libérale en Ile de France témoigne sur son vécu, en tant que fille d’aidante, et comment la sophrologie lui a permis d’accepter le diagnostic de son père. Voici son témoignage :

J’ai vécu un moment extraordinaire auprès d’aidants(es) de proches atteints de la maladie d’Alzheimer dans le partage d’expérience et de ressentis.

Le 25 mai, invitée par Marie, psychologue et Véronique infirmière, je me suis présentée à ces personnes pendant leur réunion mensuelle à Colombes. Toutes les personnes présentes se sont retrouvées dans mes propos par rapport à leur vécu auprès de leur conjoint(e) ou parent atteint de la maladie d’Alzheimer et je souhaite le partager ici.

Je témoigne, ici, en tant que fille d’aidante, sophrologue et infirmière à domicile. Mon papa est diagnostiqué depuis 9 ans, atteint de la maladie d’Alzheimer et il vit en couple à son domicile. Ma maman gère toute leur vie : quotidien, santé et loisirs. Les seuls temps de repos de ma maman sont quand il participe à un atelier mémoire, deux à trois après-midis en semaine, dans un endroit appelé “accueil de jour”.

Depuis la découverte de sa maladie, j’ai vu mon papa changer, devenir un étranger dans son corps… Physiquement, il est le même mais son comportement a changé : il observe tout ce que fait ma maman et mime les gestes, les mots et les réactions. Ses apprentissages ont régressé : s’habiller, se nourrir et se laver sont devenus des gestes complexes. Il a développé des rituels pour chaque action de la vie quotidienne (s’assoir à la même place, fermer tous les boutons de sa chemise en la quittant…).
Il est angoissé dès qu’il ressent un changement d’humeur de ma maman comme de l’agacement, de la fatigue, une voix plus forte, et il se réfugit dans l’engloutissement de mets sucrés. Certaines de ses inhibitions se sont envolées. Par exemple ne pas manger dans le supermarché les gateaux ou fruits avant de les avoir payer, ne pas dire à une personne qu’elle est forte, ou encore dire des gros mots… Des moments pas faciles à vivre donc…

En pratiquant la sophrologie quotidiennement, j’ai pu me focaliser sur chaque moment passé ensemble. Laisser mes regrets s’évanouirent pour vivre l’instant présent. Mon sentiment d’injustice face à cette maladie qui a emprisonné mon papa, a laissé place à un sentiment d’empathie vis à vis de mon papa.

Je voulais témoigner pour vous dire que si pour vous, aujourd’hui, c’est difficile de voir votre proche dans cette situation, n’hésitez pas à essayer la sophrologie pour vous-même ou un proche.

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