La MCI et l’utilisation de Pallia 10

La MCI et l'utilisation de Pallia 10

Lors de nos rencontres en formations ou congrès, en discutant de notre activité quotidienne, je ne trouve pas une infirmière qui cote ses actes de la même façon que sa voisine. Il faut dire que notre nomenclature est une usine à gaz, obsolète et non adaptée à notre activité d’aujourd’hui.

La Majoration de coordination Infirmière

Quant à la MCI : Majoration de Coordination Infirmière, elle a été mise en place récemment pour les patients “très lourds” nécessitant un volume d’actes important et surtout une expertise doublée d’un exercice de synthèse et de transmissions dans le cadre d’une prise en charge pluridisciplinaire. Au domicile du patient, nous partageons donc les informations, les données, et des actions coordonnées avec différents acteurs de soins :

  • le service hospitalier
  • les médecins spécialistes
  • le médecin traitant
  • le kiné
  • le prestataire de service matériel
  • le prestataire oxygène…

NB : je ne nomme pas les aides-soignantes car notre travail en équipe avec elles se fait forcément dans le cadre d’une convention avec un SSIAD ou un HAD et les accords actuels, ne nous permettent pas de compter la MCI. En revanche, la facturation permet par la lettre de mission de comptabiliser des actes de surveillance à taux plein.

La MCI est d’ailleurs très bien résumée dans un article de la Ruche.

Néanmoins je souhaitais repréciser la fonction de la MCI afin que les infirmières n’hésitent plus à la comptabiliser.

La fonction de la MCI ?

Celle qui sert réellement de pivot dans le soin et qui au final, par sa présence la plus longue au chevet du patient est essentielle, incontournable dans la prise en charge du patient, c’est bien l’infirmière.

Les seuls dossiers de soins incluant tous les paramètres et examens du patient, sont quasiment exclusivement élaborés ou réunis par les infirmières.

Cette expertise organisationnelle matérialisée par ce dossier de soin au bénéfice du patient, en complément du futur DMP, c’est le travail de l’infirmière.

Dans une prise en charge complexe, aux multiples intervenants, celle qui fait le lien? c’est l’IDEL.

Ce temps de travail, moins considéré comme du temps de soin, était jusqu’à présent englouti dans des prestations forfaitaires (AIS) et la cotation des actes associés.

La pression du moment par les caisses et la peur de l’indu poussent les collègues à ne pas compter cette majoration qui est pourtant une juste rétribution de notre travail.

Ce que dit la NGAP :

“Cette majoration s’applique aux soins, réalisés à domicile, dispensés à des patients en soins palliatifs ou à des patients nécessitant des pansements lourds et complexes. Cette majoration ne peut être facturée qu’une seule fois par intervention. La MCI, pour être facturée, ne nécessite pas de prescription médicale spécifique. Il n’est donc pas nécessaire que le médecin indique la notion de patient en soin palliatif ni de pansement complexe sur la prescription de soins infirmiers. Il appartient à l’infirmier de vérifier, au regard de la définition de cette notion, que le patient est bien en soins palliatifs. L’infirmier peut toujours en cas de doute contacter le médecin traitant… Qu’est-ce qu’une prise en charge d’un patient en soins palliatifs ? La prise en charge en soins palliatifs est définie comme la prise en charge d’un patient ayant une pathologie grave, évolutive, mettant en jeu le pronostic vital. Elle vise à soulager la douleur et l’ensemble des symptômes digestifs, respiratoires, neurologiques et autres, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage. La notion de prise en charge en soins palliatifs n’est pas équivalente à celle de prise en charge d’un patient atteint de pathologies dégénératives. Elle vise les patients en fin de vie et en phase terminale. En conséquence, la prise en charge à domicile de patients atteints d’un cancer ou de pathologies dégénératives n’implique pas forcément un “soin palliatif”. Elle ne permet donc pas de manière systématique de facturer une MCI.”

Les points essentiels à retenir sur la MCI

1) Pour résumer :

  • Vous vous devez de compter la MCI à chaque fois que vous cotez un grand pansement.

A vous de respecter la définition et les critères correspondant à un pansement lourd et complexe.

  • L’ablation de points ou agrafes au nombre > à 10, coté AMI 4 sans MCI
  • La notion de prise en charge en soins palliatifs n’est pas équivalente à celle de prise en charge d’un patient atteint de pathologies dégénératives. Elle vise les patients en fin de vie et en phase terminale.

 2) Rappel dans le cadre de soins palliatifs :

MCI à chaque passage, en plus des autres majorations, quel que soit l’acte au chapitre I et II de la NGAP

Par exemple : un déplacement pour une prise de sang isolée des autres soins?on compte une MCI.

 3) Pour arriver à définir d’une manière formelle, qui vous couvrira en cas de contrôle, la notion de soin palliatif, utilisez PALLIA 10

Prise de décision dans une prise en charge spécialisée en soin palliatif

Ce questionnaire élaboré en 2010 par la SFAP (Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs) est un outil d’aide à la prise de décision dans les services, chez les patients hospitalisés et à domicile afin de les inclure dans une prise en charge spécialisée en soins palliatifs.

Lorsqu’on retrouve 3 items positifs ou plus, on est clairement dans le cadre de cette prise en charge palliative.

Les études comparatives ont montré que les réponses positives portaient essentiellement sur les questions 1, 2, 3 et 5.

Non content de clarifier la phase de transition du curatif au palliatif, il permet à l’IDEL de l’intégrer à son dossier de soin, de formaliser cette prise en charge et d’effectuer une tarification adaptée de ses actes, en validant le comptage de la MCI par passage.

Vous pouvez aisément télécharger la plaquette PALLIA 10 sur internet, sur le site de la SFAP notamment.

4) Conclusion :

La coordination deviendra inévitablement, avec le nombre des acteurs de santé autour du patient, les innovations, la progression des techniques de gestion et supports de communication, le fer de lance du soin du futur.

Son pivot sera à mon sens l’infirmière.

Seul le médecin traitant reçoit aujourd’hui les comptes rendus hospitaliers et les expertises des spécialistes.

Dans le cadre du DMP et du partage des données autour du patient, l’infirmière aura accès à ces données et devra forcément avoir un rôle actif dans la synthèse et la gestion de ces données. Il va de soi, que ce temps devra être rémunéré.

Commençons par nous habituer à nous faire payer cette juste rétribution d’un temps accordé au bénéfice du patient, et soyons exemplaires en traçant notre travail et nos communications afin de la justifier.

C’est juste une habitude à prendre, une tournure intellectuelle qui comme l’élaboration d’une démarche de soins, devient rapide, facile et finalement une référence utile plutôt qu’une corvée chronophage.

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